Lot no. 639
Exceptionnel ensemble offert pour les 21 ans du Prince Impérial le 16 mars 1877.
Par le parti Bonapartiste au Prince Impérial Eugène Louis Napoléon Bonaparte (16 mars 1856-1er juin 1879).
Présenté dans un coffret en forme, en bois, recouvert de maroquin vert, frappé au petit fer au " N " sous couronne impériale, garni à l'intérieur de soie verte dans le couvercle, avec inscription " Mon Fournier Letailleur Succr Paris " et de velours vert.
Porte sur le devant une plaque en laiton rapportée, gravée " Légué à Adrien Fleury par SAI le Prince Impérial 1879 ".
Il contient :
1°) une épée de type 1817-1852 à ciselures.
Monture en laiton ciselée et dorée, poli mat et brillant, sur fond amati.
Fusée recouverte d'écailles à triple filigrane avec, à la base, un bouton de déblocage du contre clavier.
Pommeau chiffré " N " surmonté de la couronne impériale du Second Empire.
Branche de garde sculptée en ronde bosse, ornée de feuilles de chêne, portant au centre un médaillon ovale à fond rayonnant, surmonté d'une étoile à cinq branches, entouré d'un chapelet de perles. Quillon recourbé ciselé en suite.
Nœud de corps marqué " Viriliter Age ".
Clavier surmonté de l'aigle Impériale sur faisceau de six drapeaux orné d'une banderole à la base " Prospere Procede et Regna ", enrichi de feuillages et de branches de laurier sur les bords.
Contre clavier dit à pompe, à décor ciselé de branches de feuilles de chêne et de feuilles de laurier, maintenues par un nœud, surmontées d'une banderole " 16 mars 1877 ".
Lame triangulaire gravée, dorée et bleuie au tiers du " N " sous couronne impériale, de drapeaux, trophées militaires et de rinceaux feuillagés.
Gravée d'un quadrillage en losanges cloutés au talon " Mon Fournier Letailleur Succr Paris ".
Fourreau en bois recouvert de chagrin noir à deux grandes garnitures en laiton dorées, découpées, ciselées et décorées en suite.
2°) Un sabre au modèle des sabres d'Officier de troupe à pied Second Empire.
Monture en fer ciselée, poli glacé.
Fusée recouverte d'écailles de tortue à triple filigrane.
Calotte à longue queue portant sur le dos, dans un médaillon ovale, le " N " sous couronne impériale et branches de laurier en or, en relief, entièrement enrichie de feuilles de chêne et de laurier. Bouton de rivure en fleur.
Garde à cinq branches entièrement ciselée de feuillages en suite, enrichie de filets et de petits clous en or.
Quillon recourbé avec inscription sur le dessus " 16 mars 1877 ".
Lame droite, à pans creux et arêtes médianes à la base, gravée, dorée et bleuie à la moitié, incrustée d'or en relief, sur une face, du " N " sous couronne impériale, de trophées guerriers et de rinceaux feuillagés entourant un cartouche " Prospere Procede et Regna " et, au talon, " Mon Fournier Letailleur Succr Paris " ; sur l'autre face, aigle impériale, trophées guerriers et rinceaux feuillagés entourant un cartouche " Viriliter Age ".
Fourreau en tôle de fer, ciselé à la base de feuilles de chêne et de laurier, à deux bracelets ciselés en suite et deux anneaux.
L'ensemble de ces deux armes blanches est de la plus grande qualité et en parfait état
Fournier : armurier, fabricant et fourbisseur à Paris, successeur de Jolivet. On retrouve la maison Jean-Philippe Fournier, 22 rue des Blancs manteaux en 1850-1856, où elle existe encore en 1870-1872. Sous le Second Empire, furent fournisseurs des ministères de la Guerre, de la Marine, de la Garde Impériale, de la Gendarmerie et de la Garde de Paris.
Letailleur : fourbisseur à Paris en 1879-1890. Successeur de Fournier. Letailleur était établi rue des Blancs Manteaux et 18 rue Portefoin.
Notre écrin avec ces précieuses armes fut offert pour les 21 ans du Prince Impérial et, d'après les inscriptions sur ces armes, le parti bonapartiste demandait à Son Altesse Impériale de revenir en France : " Viriliter Age " (age de virilité, virilement, allons avec courage) ; " Prospere Procede et Regna " (réussir, favoriser, aller en avant, paraître, régner, être maître, commander).
L'histoire en a malheureusement décidé autrement.
Bonapartisme : courant politique dont l'influence s'exerça en France de 1815 à la fin du XIXème siècle.
Le bonapartisme fut moins une doctrine politique qu'un état d'esprit où se mêlaient, avec le goût de l'ordre, le refus de tout retour à l'Ancien Régime, le souci de conserver les conquêtes politiques et sociales de la Révolution, et la fidélité au patrimoine de gloire acquis durant les guerres de l'Empire. Cet état d'esprit était répandu par la plupart des journaux libéraux, en particulier Le Constitutionnel, par les chansons de Béranger, par les récits des demi-soldes et d'anciens grognards, tel ce Goguelat mis en scène par Balzac dans son Médecin de campagne (1833) ; on en trouve aussi de nombreuses traces dans les écrits de Stendhal.
Le retour des cendres de Napoléon Ier (1840) acheva de réaliser une quasi-unanimité nationale dans le souvenir de l'aigle. Cependant, le bonapartisme ne constituait toujours pas une véritable force politique et les deux tentatives de coup d'état de Louis Napoléon (1836 et 1840) ne trouvèrent aucun écho dans l'opinion. Le futur Napoléon III précisa lui-même la doctrine bonapartiste en mettant l'accent, dés avant son arrivée au pouvoir, sur deux thèmes essentiels : souveraineté populaire et souci d'améliorer le sort des travailleurs. Malgré la défaite de 1870, une trentaine de bonapartistes furent encore élus à l'Assemblée Nationale de 1871. Ils axèrent leur politique sur le thème de l'appel au peuple. Aux élections de 1876, les bonapartistes progressèrent aux dépens des royalistes (76 députés) ; après le 16 mai 1877, ils s'allièrent avec les partisans de l'ordre moral, bénéficièrent de la candidature officielle et élargirent encore leur audience dans le pays, en particluier dans le Sud Ouest (104 élus). Mais la mort du Prince Impérial (1879) entraîna des divisions parmi eux et, dés lors, le parti bonapartiste ne joua plus un grand rôle électoral (46 députés en 1881, 65 en 1885, 52 en 1889).
Eugène Louis Napoléon Bonaparte dit le Prince Impérial (1856-1879).
Le 9 janvier 1873, Louis-Napoléon Bonaparte décède, dans sa résidence de Camden Place, à Chislehurst, dans le Kent. Les funérailles, qui ont lieu le 15 janvier suivant, rassemblent une foule imposante - dont 4.000 Français ayant traversé la Manche pour rendre un dernier hommage à l'ex-Empereur. Le prince Napoléon, neveu du défunt et désormais premier prince de la famille impériale, manifeste alors son désir de se voir confier la tutelle de l'adolescent jusqu'à sa majorité. Sa mère Eugénie s'y oppose cependant. L'année suivante, alors que le prince impérial a dix-huit 18 ans depuis le 16 mars 1874, le parti de l'Appel au Peuple, qui rassemble les sympathisant bonapartistes, qui ne cesse de croître, organise à Camden Place une grande fête en son honneur. Au mois de mai suivant, le tsar Alexandre II, qui visite l'école de Woolwich, le salue en public. Entré au 27ème rang à Wollwich, le prince impérial quitte la prestigieuse institution. Septième sur un total de trente-quatre promus, il est nommé grade de lieutenant, le 19 février 1875.
Après la mort de son père, Napoléon III en 1873, et à sa majorité en 1874, il devient le chef de la Maison Impériale et le prétendant au Trône à travers le parti Bonapartiste "l'appel au peuple". Il est pour l'égalité des citoyens face au service militaire et la fin du remplacement alors en vigueur ainsi que pour une aristocratie du mérite.
Pour fêter cet anniversaire, 8000 français viennent à Chislehurst, de même que des milliers d'anglais. Une grande manifestation fut prévu et la propagande redoubla.
Trois millions de cartes de visite de Napoléon IV portant "Tout pour le peuple et par le peuple" furent répandues et collées sur les murs. D'après le Times, on parlait plus que jamais de l'Empire et du Prince Impérial dans la capitale française.
Le discours que prononça le Prince au cour de la cérémonie finit par ces mots: "je suis prêt à accepter la responsabilité que m'imposerait le vote de la nation". Le Prince Impérial devenait officiellement le prétendant pour un troisième Empire.
Tout d'abord, cette idée se heurta à l'opposition de Louis qu'approuvait l'Impératrice. Il voulait terminer ses études, se présenter avec l'autorité d'un homme fait.
Fallait-il tenter le coup de force comme le désiraient plusieurs de ses amis Le Prince s'y refusait, et ceux-ci l'accusaient de timidité. A ce reproche, il répondait : "Si je n'ai point donné à la politique du parti l'impulsion vigoureuse qui, selon eux, eût déterminé le succès, c'est que je comprenais qu'il me fallait être un homme avant de devenir empereur, et que le temps et l'étude pouvaient seuls me préparer à mon rôle futur".
Et pourtant, il était avide d'agir. "J'ai soif de sentir la poudre", écrivait-il à un de ses camarades de Woolwich déjà parti au combat en Afrique du Sud. Convaincu que les Français ne se donneraient qu'à un soldat digne héritier de Napoléon, il avait cherché à prendre du service au Tonkin, à s'engager dans les armées austrohongroises. On l'avait repoussé. Il brûlait d'affirmer sa personnalité, seul moyen de faire taire ceux qui doutaient de lui et ceux qui l'insultaient. Quand il reviendrait, il pourrait se présenter, innocent de toute faute, riche de prestige militaire, mûri par l'expérience, prêt à gouverner un grand peuple.
Un soir de février 1879, il annonça à sa mère qu'il avait adressé une demande au duc de Cambridge, ministre de la Guerre, pour être autorisé à se joindre aux troupes anglaises expédiées au Zoulouland.
FLEURY Emile, général comte (1815-1884) : Grand écuyer de l'Empereur Napoléon III
FLEURY Adrien : petit veneur avec Maurice Fleury Louis Conneau, Espinasse...
Extrait du livre " Le Second Empire - La Maison de l'Empereur " par Charles Adrien Gustave Conegliano. Edition Elibron Classics.
Page 221.
Chapitre : Service du Grand Ecuyer
" ...il adorait cet enfant, et tous ses efforts tendaient à lui inculquer les idées les plus justes sur les hommes et les choses. Il lui donnait très régulièrement des leçons d'équitation, et en même temps au Prince des Asturies, depuis Roi d'Espagne, et aux amis du Prince, Louis Conneau, Espinasse, les jeunes Fleury, etc "
Page 304
Chapitre : La Maison de l'Empereur.
" .... Le comte Primoli, le duc d'Albe, le duc de Huescar, MM. Rouber et Franceschini Piétri, le duc de Bassano, le général comte Fleury, M. Henri Chevreau, le baron Haussmann, les docteurs Corvisart et Larrey, MM. Bizot, Espinasse, Adrien Fleury, Pierre de Bourgoing, Scipion Corvisart, légataires du Prince Impérial. A ce procès verbal, rédigé par M. Théroulde, en est annexé un autre des docteurs Corvisart et Larrey constatant le nombre, la place et la forme des blessures reçues par Son Altesse Impériale ".
Pictures credits: Contact organization
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