Lot no. 243
Fauteuil de bureau à dossier cintré en acajou, placage d’acajou et bois patiné vert à l’imitation du bronze. La ceinture droite, les montants antérieurs à griffons sculptés de palmettes volutes enroulements, rosaces et terminées par des pieds griffes. Pieds postérieurs arqués. Marque au fer Palais des Tuileries avec le numéro 732, la marque au pochoir MI508. Epoque Directoire (restaurations, éclats) Il est garni d’une galette en cuir fauve H : 96 - L : 64 - P : 45 cm Par tradition, ce fauteuil aurait été celui de Lucien Bonaparte lors du coup d'état au 18 Brumaire Biographie : Jean-Baptiste Sené (1747-1803), menuisier reçu maître en 1769. Provenance: Collection Henry de Montherlant. De tout l’appartement assez vaste de l’Académicien, le visiteur n’a accès qu’au salon vert passé et or ainsi qu'au petit vestibule Il reçoit assis dans ce fauteuil, « exécuté par J-B Séné, un des sièges de la salle des séances de la Convention Nationale. Il fît ensuite partie du mobilier de Napoléon Ier au palais des Tuileries. (Une plaque gravée encastrée dans le bois, rappelle ses titres de noblesse […]. Ce ne doit pas être sans émotion que Montherlant s’assoit chaque jour sur un siège où se sont assis peut-être Saint-Just et Napoléon » Ce fauteuil aurait figuré à l’exposition : « La Révolution française dans l’histoire, dans la littérature, dans l’art » au musée Carnavalet en 1939 et décrit : « fauteuil, acajou sculpté, exécuté par Sené pour la salle de la Convention Nationale, plus tard au mobilier des Tuileries » Il est reproduit dans "Les Grands Styles, les Styles Empire-Restauration" S.Chadenet, Paris, s.d, Baschet Ed.p.60, fig.3. Les fauteuils de bureau que l’on retrouve dans les collections nationales sont le plus souvent exécutés d’après les dessins de l’architecte Charles Percier (1764-1838) par Jacob ou Sené : les pieds formés de forts griffons ailés avec des variantes dans les dossiers (grille, croisillon...) cette observation s’applique à l’architecture du fauteuil que nous présentons 3. Ces sièges proviennent de diverses assemblées révolutionnaires, une certaine standardisation étant alors la règle. En 1793 dix fauteuils « dossier à planche, accotoirs en gueule de lion» et des chaises sont mentionnés pour l’Assemblée Nationale ; une partie, après un séjour au ¨Palais du Luxembourg revient aux Tuileries lors de l’installation des Consuls en 1800 Le 14 septembre 1795 La Reveillière.-Lépeaux fait voter le décret suivant: « la salle des délibérations de chacun des conseils sera disposée de manière que chaque membre ait un siège commode...» : chaque représentant que ce soit pour le conseil des Cinq-Cents au Palais Bourbon, pour le Sénat ou pour le Tribunat au Palais Royal, pour le Conseil des Anciens. 4 Un dessin 5 extrait de l’album de la Mésangère reproduit Pl.12 un fauteuil identique à celui présenté. 1 «La demeure de Montherlant», Marguerite Lauze, in Plaisir de France, décembre 1949, tome XVI. 2 lettre du conservateur datée du avril 1940. 3 Conservé dans une collection privée. 4 «Le Mobilier Révolutionnaire» D. Ledoux-Lebard in Connaissance des ArtsJanvier 1989, p.44-51. 5 «Meubles et Objets de goût 1796-1830», Paul Cornu, Paris s.d. Clavas Ed., Pl. 12.
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