Lot no. 14
Francisco de ZURBARAN et son atelier (Fuente de Cantos 1598 - Madrid 1664)
La Vierge remettant l'habit de la Merci à Saint Pierre de Nolasque
Toile.
108 x 81 cm
Provenance :
La Merced Descalza à Séville d'après Guinard (voir opus cité infra) ;
En dépôt à l'Alcazar de Séville en 1810, salle 14, n° 328 (attribué à Barnabé de Ayala) ;
Collection du Maréchal Soult, Duc de Dalmatie.
Bibliographie :
P. Guinard, Zurbaran et les peintres espagnols de la vie monastique, Paris, 1960, n° 406 ;
J. Gallego et J. Gudiol, Zurbaran 1598-1664, Londres, 1977, p. 114, n° 465, reproduit fig. 420 ;
P. Guinard, Zurbaran et les peintres espagnols de la vie monastique, Paris, 1988, p. 258, n° 406 reproduit.
Ce tableau de Zurbaran, réalisé avec la participation de l'atelier, illustre l'art officiel dicté par les ordres religieux qui commandent aux artistes des cycles de peinture pour glorifier leur histoire. Zurbaran réalise de nombreux cycles, se spécialisant ainsi dans la peinture religieuse ; il exécute pour le couvent de la Merced les Visions de saint Pierre de Nolasque. Nous retrouvons dans ce tableau la violence des contrastes lumineux, le goût pour la plénitude des volumes et le ténébrisme qui s'affirme avec une gamme de couleurs dorées très personnelles.
ANCIENNE collection du maréchal soult
Nicolas Jean de Dieu Soult (1769 - 1851) commence sa carrière militaire avant la Révolution comme officier du Royal infanterie. Ses talents militaires lui valent de faire partie de la première promotion de maréchaux en 1802. Il s'illustre à Austerlitz, Eylau, Friedland et enfin en Espagne : il s'empare de l'Andalousie dont il est nommé gouverneur. Après la chute de l'Empire il se rallie au nouveau régime exerçant même les fonctions de ministre de la Guerre. Mais il combat aux côtés de Napoléon pendant les Cent Jours ce qui lui vaut d'être sur la liste des bannis. Il se rallie ensuite à la Monarchie de juillet et devient à nouveau ministre de la Guerre.
C'est pendant son séjour à Séville où il arrive au printemps de 1810 qu'il constitue sa collection de peinture espagnole. Sa collection ainsi que celles des officiers ou fonctionnaires français envoyés en Espagne, fut à l'origine du "goût espagnol" qui commençait à se manifester dans les milieux d'amateurs avant de gagner le grand public et de devenir une mode. La réputation de la collection Soult n'est sans doute pas étrangère au projet de Louis Philippe de former une galerie espagnole. La vente de la collection, après sa mort en 1851, fut un événement international. Plus tard (1858) d'autres tableaux cédés par ses héritiers vinrent enrichir les collections du Louvre dont la Nativité et la Cuisine des Anges de Murillo ou Saint Bonaventure au Concile de Lyon et l'Exposition du corps de saint Bonaventure de Zurbaran.
90 000 / 120 000 €
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