Lot no. 133
Gobelet tronconique à décor émaillé d'une scène de badinage courtois dans un intérieur, les bordures en vermeil finement ciselé de volutes et encensoirs sur fond amati, le pied circulaire ceint de godrons (trois chocs au gobelet, deux éclats à l'émail et très légères égrenures sous la monture). Maître-orfèvre : Esaias III Busch, reçu Maître en 1704. Peintre émailleur : Johann Jacob Priest, reçu Maître en 1688. Augsbourg, début du XVIIIe siècle. Haut. : 9,7 cm - Diam. : 8 cm - Poids brut : 220 g Augsbourg, grand centre d’orfèvrerie depuis des siècles s’inspire en cette fin du XVIIe siècle des formes des orfèvres parisiens de la Cour de Louis XIV. En témoigne le décor à la Bérain présent sur la lèvre de notre gobelet. Si l’influence étrangère transparaît, le goût augsbourgeois pour la couleur se retrouve ici grâce au talent de grands émailleurs tels que Johann Aufenwerth actif entre 1693 et 1728 ou Johann Jakob I Priester, peintre de notre objet. Cet émailleur célèbre, actif entre 1688 et 1726, s’associe au travail des orfèvres pour sublimer ces objets luxueux. Traitant aussi bien des sujets bibliques, antiques ou des paysages rustiques, c’est grâce à la mise en abyme qu’il opère entre l’objet et la scène, qu’il connaît le succès. Une servante sert du vin sur une table, tandis qu’une autre s’apprête à en verser à un homme occupé à séduire une courtisane. De l’autre côté, une jeune femme se voit offrir un présent par son prétendant. Devant eux, le petit chien fidèle de la maisonnée veille. Le vin, philtre d’amour ou corrupteur est au cœur de la scène représentée, rappelant ainsi l’objet qui la supporte. Cette représentation de maison de rendez-vous est un thème fréquent des scènes de genre des écoles du Nord au XVIIe siècle, on la retrouve chez Peter de Hooch, Jan Steen ou encore Johannes Vermeer. Le succès de ce sujet tient à la représentation d’un plaisir éphémère, parfois coupable mais toujours dédoublé d’une portée moralisante. Le musée d’Écouen possède un gobelet identique dans son décor émaillé mais enchâssé dans une monture de vermeil plus simple dû à l’orfèvre Phillip Stenglin. Ce gobelet légué par la famille Rothschild figure dans l’ouvrage «Décors, mobilier et objets d’art du musée du Louvre» à la page 219. Il forme paire avec un autre gobelet ayant la même monture mais au décor légèrement différent. Un gobelet similaire vendu à Munich par la Maison de ventes Neumeister le 4 juillet 2018 sous le lot n°39, et reproduit dans l’antique trade gazette du 6 août 2018.
Pictures credits: Contact organization
Ceramics, pottery and earthenware
About the sale
Catalog
10/11/2020
Offered by Le Floc'h Maison de ventes
01 46 02 20 15