Lot no. 20
Grand Coran qâjâr bilingue commandité par Aqa Mîrza Nasrullah, second premier ministre de Nasser al-Din Shâh, copié par Mohammad ‘Ali al-Khonsâri à Téhéran en 1276 H. / 1859. Traduit en persan par Abdol Hossein Isphahani. Reliure laquée signée Sayyed Mohammad al-Imâmi al-Hasanî, et datée 1276 H. / 1859 Magnifique manuscrit sur papier de 307 folios de douze lignes de texte arabe naskhî à l’encre noire, intercalées de la traduction persane en nasta’liq à l’encre rouge. Titre des sourates calligraphié à l’or dans des cartouches inscrits dans des unwâns à fond bleu et or à semis floral. Les marques des juz et des hizb sont disposées dans des médaillons fleuronnés dans les angles et dans les marges des folios. Les marges sont également inscrites de prières en shekaste en réserve de nuages en «dents de souris» dandan mushi, sur fond doré et fleuris de palmettes. Le grand colophon de dix lignes sur fond fleuri d’or indique que le manuscrit a été commandité par Aqa Mîrzâ Nasrullah, et copié par Mohammad ‘Alî al-Khonsârî à Téhéran, en 1276 H. / 1859. Dans le cartouche de la marge gauche, est inscrit le nom du traducteur persan Abdol Hossein Isphahani. Le manuscrit présente une succession de trois doubles pages richement enluminées : un premier frontispice sous forme de table des matières donne le nom des 114 sourates inscrit à l’or dans des alvéoles à fond rouge, bleu et or et bordées de palmettes vertes, les marges peintes de rinceaux fleuris dorés aux rehauts polychromes de larges fleurons ; un deuxième frontispice présente deux larges mandorles étoilées bleues inscrites des invocations liminaires à l’or, se détachant sur un fond doré ornés de rinceaux fleuris, et marges également peintes de rinceaux ; un troisième frontispice de six lignes en réserve de nuages en dandan mushi, sur fond doré. Titre inscrit à l’or dans un cartouche et sarlowh en fronton en forme de large médaillon semé de rinceaux fleuris sur fond or et cobalt. Les marges sont ornées de frises en chevron, également fleuries sur fond or et cobalt. Les deux derniers folios sont aussi richement enluminés de mandorles portant des bénédictions, reprenant la configuration du second frontispice. Reliure en papier mâché laqué peint en polychromie à rehauts d’or. Les plats extérieurs présentent une composition d’églantines ceinturée par un jeu de cartouches et quadrilobes fleuris. Les plats intérieurs à fond rouge et rinceaux dorés sont décorés d’une mandorle de roses et églantines, et pendentifs inscrits de la signature du laqueur : «A été fabriqué et orné par Sayyed Mohammad al-Imâmî al-Hasanî» et la date de 1276 H. / 1859». Dim. reliure : 35,5 x 22,5 cm Dim. jadval : 25 x 15,5 cm Le manuscrit est exceptionnel à plusieurs titres. Tout d’abord par son homogénéité -manuscrit et reliure réalisés en même temps - par ses dimensions, mais également par sa qualité d’exécution, ainsi que le nom donné par sa dédicace. En effet, le commanditaire de ce prestigieux coran n’est autre qu’Aqâ Khân Nûrî, surnommé E’temâd al-Dawla (1807-1865), second premier ministre du sultan Nâser al-Dîn Shah Qâjâr, de 1851 à 1858. Fils de Mîrzâ Asadullâh Nûrî, chef de l’armée sous Âqâ Mohammad Khan (m. 1797) puis Fath ‘Alî Shah (m. 1834), Âqâ Khan Nûrî commença sa carrière comme secrétaire dans l’armée âgé d’à peine vingt ans. Ses qualités lui permirent d’accéder rapidement à la charge de ministre de l’armée. Il noua alors d’étroites relations avec Nâser al-Dîn Shah et sa mère, ce qui lui permis de devenir le lieutenant de son premier ministre d’alors, Amîr Kabîr, avant de prendre sa place en 1851. Si la gouvernance d’Amîr Kabîr s’est caractérisée par une certaine modernité, Âqâ Khan Nûrî au contraire était plutôt le représentant d’une pratique de l’état plus passéiste, qui transparaissait également dans son aspect, avec sa longue barbe, ses robes ornées, ainsi que son goût pour les titres, décorations et autres emblèmes du pouvoir dignes de l’époque de Fath ‘Alî Shah. La date d’exécution de ce Coran indique qu’il a été réalisé pendant l’exil du ministre à Soltanabad, d’où l’absence de son titre d’E’temâd al-Dawla dont il avait été déchu. Le nom du calligraphe ayant signé le manuscrit n’est pas répertorié par ailleurs, mais sa qualité d’exécution invite à considérer un atelier à Téhéran de premier rang. Au contraire, Sayyed Mohammad Imâmî appartient à une célèbre famille de peintres d’Isfahan, dont plusieurs membres intègrent l’atelier officiel qâjâr. Cet artiste est quant à lui considéré comme actif dans les années 1860 : il s’agirait donc d’une de ses œuvres signées les plus anciennes. Voir W. Floor, «Art (naqqash) and artists (naqqasha) in qajar Persia”, Muqarnas XVI, 1999, p. 125-154. Voir au sujet d’Agâ Khân Nûrî l’article qui lui est consacré dans l’Encyclopaedia Iranica, « E’temâd al-Dawla, Âqâ Khan Nûrî », Vol. VIII, Fasc. 6, pp. 658-662. An exceptional large Qâjâr Qur’an, Arabic and Persian manuscript signed by Mohammad ‘Alî al-Khonsârî, and persian traduction by Abdol Hossein Isphahni lacquered papier-mâché binding signed by Sayyed Mohammad al-Imâmî, ordered by Âgâ Khân Nûrî (second Prime Minister of Nâser al-Dïn Shah Qâjâr) and dated 1276 H. / 1859, Iran.
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11/25/2013
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