Lot no. 231
Hei Tiki en néphrite de type jadéite verte foncé. La tête disproportionnée comme il est d'usage. Son visage penché repose sur l'épaule droite, ses yeux sont grands ouverts percés profondément. Quelques traits corporels sont représentés par des incisions discrètes, l'arrête nasale rejoint le relief des arcades sourcilières avec équilibre. La partie haute présente trois cavités aménagées à des époques différentes. Jadéite verte au poli lumineux. Quelques traces ocre rouge localisées, percements et sculpture réalisée probablement avec un outil lithique et pré-contact. Maori, Nouvelle-Zélande Dim: 12,5 x 8 x 2,2 cm Cette œuvre est référencée sur l'inventaire de succession comme rapporté par Dumont D'Urville. Les pendentifs en néphrite de type jadéite, comme celui-ci, étaient autrefois arborés par les femmes et les hommes de haut rang social. Ils étaient des objets de parures considérés comme un signe d’autorité et de prestige. Dès le 18e siècle, au moment des premiers contacts, ces tikis furent convoités par les explorateurs et scientifiques qui les échangèrent avec les tribus autochtones. Ceux de grandes dimensions, comme c’est ici le cas, de 15 à 17 centimètres, si l’on prend en considération la partie basse qui a aujourd’hui disparue, sont d’une très grande rareté. Parmi ces derniers, nous pouvons citer ceux de la collection Frum : deux pendentifs conservés au British Museum (imv. N°Oc. 1727 et n°Oc. 1854. 1229. 10 ; 18 et 22cm), deux autres dans les collections l’Auckland Institute and Museum (imv. N°3320 et n. °5587 ; 15,5 et 17,2 cm. ), un autre au National Museum of New Zealand (Wellington. inv. n°01000081 ; 16,2 cm. ), l’un au musée ethnographique de Neuchâtel (imv. N°v. 909 ; 14,5 cm. ) ou encore celui de la collection Frieda et Milton Rosenthal (Sotheby’s, New York 14 novembre 2008 - n°111 ; 16,2 cm. ) pour ne citer que quelques exemplaires de références. Notre tiki se distingue par l’épaisseur remarquable du corps où s’épanouissent les formes avec grâce et harmonie. Il présente aussi trois importantes cavités, aménagées à des époques différentes, nous indiquant sans nul doute qu’il fut porté par des générations successives de dignitaires. Toutes ces qualités sculpturales ainsi que la beauté de la pierre place ce hei tiki parmi les trésors, « taonga », les plus exceptionnels d’un art maori associant la superbe de la parure au pouvoir de celui qui le portait.
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