Lot no. 27
HENRY MORET (1856-1913) L'ÉGLISE DE LANDÉVENNEC, 1895 Huile sur toile Signée et datée "95" en bas à droite Oil on canvas ; signed and dated "95" lower right 73 X 60 CM • 28 3/4 X 23 5/8 IN. Cette œuvre est répertoriée dans les archives Durand-Ruel sous le numéro n° 3629-13326 Monsieur Jean-Yves Rolland a confirmé l’authenticité de cette œuvre Un certificat d’authenticité, en date du 6 novembre 2023, sera remis à l’acquéreur PROVENANCE Galerie Durand-Ruel, Paris Collection privée, France Galerie Daniel Malingue, Paris Collection privée, France Galerie de la Présidence, Paris Par descendance à l'actuel propriétaire EXPOSITION Quimper, Musée des Beaux-Arts, Henry Moret, un paysagiste de l'École de Pont-Aven, 27 juin - 19 octobre 1998, reproduit en couleurs sous n° 28, p. 40 du catalogue de l'exposition "Un peintre au talent vraiment vigoureux, sincère et épris d'un robuste amour de la nature." Arsène Alexandre, critique au Figaro, 1898 "Une rencontre capitale a lieu en 1888 : Moret s'est installé à Pont-Aven où il fait la connaissance de Gauguin, Émile Bernard, Sérusier et leur entourage. Bien que d'un naturel réservé, Moret s'intègre facilement à ce groupe, tout en participant à des parties de chasse ou de pêche avec les gens du pays. Émile Bernard le décrira ainsi : "Un garçon très travailleur, fort sérieux, assidu, silencieux… Il partait dans les bois et dans les champs, avec son matériel, et ne revenait que pour les repas." Gauguin et Émile Bernard offriront à Moret des tableaux dédicacés. En 1889, Moret se rend à Ouessant et est séduit par les paysages sauvages et les rochers abrupts, qui resteront son sujet de prédilection. De retour au Pouldu, il retrouve Gauguin et son groupe. Son style se rapproche du leur. (...) À Pont-Aven en 1890, à l'auberge Gloanec qu'il fréquente avec Gauguin et ses amis, Moret rencontre Maufra, qui devient son ami, puis Loiseau. Mais Gauguin part pour Tahiti et la bande se sépare. Moret alterne la touche fractionnée des impressionnistes et les aplats des symbolistes, et toute sa vie il oscillera entre ces deux conceptions. En 1892, il réalise quelques portraits. Il envoie six toiles au Salon des indépendants et participe à la lle exposition "Peintres impressionnistes et symbolistes" chez Le Barc de Boutteville. En 1893, il se rend à Groix, puis à Lorient, participe au Salon des indépendants et s'installe à Lorient avec la couturière Célina Chatenet, qu'il épousera en 1910. Celle-ci l'aidera dans ses problèmes matériels, allant jusqu'à porter ses bijoux au mont-de-piété. La peinture de Moret devient de plus en plus synthétique. À la fin de 1894, Moret s'installe définitivement à Doëlan et voyage constamment le long de la côte et dans les Îles (Groix, Ouessant, Belle-Île, Houat, Glénan). Malgré son naturel solitaire, il sympathise avec la population locale et sa passion pour la chasse lui crée de nombreux amis. L'amateur d'art René Maurice le décrit ainsi : "De taille moyenne, de forte carrure, bel homme au regard bleu très doux, à la barbe blonde, il s'en allait d'un pas calme et mesuré, le chef couvert du traditionnel chapeau mou gris foncé, aux très larges bords… Pêcheur et chasseur infatigable, véritable loup de mer, fusil de premier ordre, tel m'apparut Henry Moret." Évènement important, en 1895 il rencontre Paul Durand-Ruel, qui lui garantit des achats réguliers, débarrassant ainsi Moret de ses problèmes matériels. Les premières acquisitions seront de dix-huit tableaux en décembre 1895. Du vivant de l'artiste, Durand-Ruel lui achètera près de 700 toiles et organisera, à partir de 1898, neuf expositions particulières dans sa galerie de Paris et trois dans celle de New York. Moret revient alors peu à peu vers l'impressionnisme, retour qui sera définitif en 1898. Sur les conseils de Durand-Ruel, il réduira le format de ses œuvres et adoucira sa palette de couleurs. Émile Bernard écrira : "C'était un révolutionnaire paisible et sincère. Je le perdis de vue en quittant Pont-Aven. Il avait tourné de notre recherche synthétique à l'école de plein air de Monet et cela fut pour moi une surprise. J'estimais beaucoup ce qu'il apportait… Quand, après onze ans d'absence, je vis ses toiles chez Durand-Ruel, je lui rendis justice. Loin d'avoir affaibli son talent, il l'avait fortifié, loin des théories, à la vie même, à la nature." Claire Durand-Ruel Snollaerts, Jacques-Sylvain Klein, Paul Durand-Ruel et le post-impressionnisme : Albert André, Georges d'Espagnat, Gustave Loiseau…, cat. exp., Yerres, Maison Caillebotte, 19 mai-14 novembre 2021, Yerres : 2020, pp. 44-45 "Moret a été sensible au charme de ce coin un peu à l'écart de tout, situé tout au fond de la rade de Brest, à l'embouchure de l'Aulne. On ignore comment il y est passé, descendant l'Aulne ou excursionnant dans la presqu'île de Crozon. Dans cette œuvre, la simplification de certains plans ou de certaines formes, pour structurer la composition, semble contredire l'éparpillement de la touche qui est la traduction impressionniste de la lumière. Le peintre joue d'une opposition peu habituelle entre les bleus et les rouges. Cela confère à cette œuvre un caractère un peu naïf et insolite qui illustre bien l'évolution du peintre." André Cariou, Henry Moret : un paysagiste de l'École de Pont-Aven, cat.exp., Quimper, Musée des Beaux-Arts, 27 juin-19 octobre 1998, éd. Musée des beaux-arts, Quimper : 1998, p. 40
Pictures credits: Contact organization
Modern and contemporary paintings
About the sale
Catalog
ART IMPRESSIONNISTE & MODERNE
75008 Paris - France
11/29/2023
Offered by TAJAN
+33 1 53 30 30 48