Lot no. 60
ICARE
Attribué à John DEARE (Liverpool, 1759-Rome, 1798)
Italie, fin du XVIIIe siècle
MATÉRIAU
Marbre blanc
H. 123,5 cm, L. 100 cm, P. 40 cm
Manque Cette belle sculpture en marbre blanc illustre le thème tiré de la mythologie grecque d'Icare qui cherche à s'approcher au plus près du soleil et s'inscrit dans le mouvement néoclassique de la fin du XVIIIe siècle italien.
Sur une terrasse ovale, Icare apparaît dans une position alanguie, porté par un dauphin sortant des flots, visible sur l'arrière. Ses ailes déployées, il regarde vers le ciel, ses bras prolongeant son idée d'atteindre le soleil.
Dédale et son fils Icare, voulant fuir leur exil en Crète et rejoindre Athènes, eurent l'idée de fabriquer des ailes semblables à celles des oiseaux, confectionnées avec de la cire et des plumes. Dédale mit son fils en garde de s'approcher trop près de la mer, à cause de l'humidité et du soleil, à cause de la chaleur. Mais Icare, grisé par le vol, oublia l'interdit et prenant trop d'altitude, la chaleur fit fondre progressivement la cire. Il mourut précipité dans la mer. L'artiste s'inscrit ici dans la thématique néoclassique inspirée de la mythologie antique. Cependant, son style reste quelque peu en marge des créations contemporaines en y insufflant une référence maniériste notamment au niveau de la position du personnage, le traitement de la chevelure ou la sensualité du rendu du marbre. Ces éléments se retrouvent dans les nombreux dessins préparatoires du sculpteur.
Originaire de Liverpool, John Deare arriva à Londres en 1776 pour travailler dans l'atelier de Thomas Carter (mort en 1795) auprès duquel il apprit la sculpture et la gravure. Médaillé très jeune à la Royal Academy School de Londres, il est envoyé à Rome pour rejoindre les rangs des artistes anglais et y étudier les antiques. Sur place, les influences multiples et variées se mêlent, inspirées à la fois par l'art de la Renaissance, du maniérisme et de l'antiquité grecque et romaine. Cet artiste reste aujourd'hui assez méconnu. En effet, la majorité de ses oeuvres qui ont pu échapper aux confiscations napoléoniennes sont conservées en collections privées. Les musées n'offrent que peu d'exemples. De plus, le fait qu'il soit mort jeune à l'âge de trente-huit ans restreint le nombre de créations. Personnalité exceptionnelle, son art fut stylistiquement et iconographiquement considéré par ses contemporains comme très innovant. Artiste en marge, les raisons de sa mort en disent long sur sa perception de l'art. Selon Charles Grignon, son ami et confrère, il aurait attrapé une fièvre délirante et mortelle après avoir passé une nuit sur un marbre glacial afin de s'en imprégner avant de commencer une nouvelle oeuvre. D'aucuns déclarent que s'il avait vécu plus longtemps, il aurait rejoint Canova au panthéon des artistes néoclassiques.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Peggy Fogelman, Peter Fusco, Simon Stock, John Deare, A British Neo-classical Sculptor in Rome, in The Sculpture Journal, vol. IV, 2000, pp. 85-125
A LATE 18th CENTURY ITALIAN WHITE
MARBLE FIGURE OF ICARUS
Attributed to John DEARE (1759-1798)
123.5 cm high, 100 cm wide, 40 cm deep (lacks)
Pictures credits: Contact organization
Sculpture and bronzes
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