Lot no. 124
Important Clavecin à deux claviers, portant sur la barre d'adresse l'inscription IOANNES RVCKERS ME FECIT ANTVERPIAE (= Ioannes Ruckers, 1578 - 1642). La barre d'adresse est faite d'un fin filet de bois (portant l'inscription) plaqué sur un autre morceau, plus épais, probablement du XVIIIe siècle. La date de 1620 se trouve sur la table d'harmonie, peinte en rouge, entre l'échine et la rosace. La rosace en étain doré, représente un ange jouant une petite harpe, entre les lettres I et R. Elle correspond aux rosaces de virginal connues de Ioannes Ruckers entre 1617 et 1640 (voir Grant O'Brien, Ruckers, A harpsichord and virginal building tradition, Cambridge, 1990, planche 7.26, p. 162). Le papier se trouvant sur la face interne de l'échine et des éclisses (au-dessus de la table d'harmonie), ainsi que sur le chapiteau, ne correspond pas à l'un des papiers Ruckers répertoriés par O'Brien. La partie centrale de la table d'harmonie semble avoir été assemblée au début du XVIIIe siècle, à partir d'une table de virginal (muselar) de Ioannes Ruckers, datant de 1620. Cette transformation en clavecin (= état A, utilisant ainsi des éléments plus anciens) a pu se faire à Paris vers 1705. Le travail rappelle celui des ateliers de Nicolas Blanchet (c. 1660-1731). Le papier sur les éclisses, l'échine et le chapiteau pourraient également être de Blanchet, qui possédait des “planches pour l'impression des papiers de Flandres”. Dans l'état A, l'instrument avait probablement une étendue de 51 notes (Sol/Si au Do 3). La table d'harmonie possède un beau décor peint, où figurent uniquement des baies, des fleurs, et un long radis blanc (sans anges, insectes, oiseaux ou crevettes). Ce décor, dans un style flamand, pourrait être d'origine parisienne. L'intérieur du couvercle est peint. Le superbe paysage, dans le style italien courant à Paris vers 1700, a plusieurs points communs avec celui du clavecin de Nicolas Dumont de 1704 (collection privée ; voir Claude Mercier-Ythier, Les Clavecins, Éditions Vecteurs, Paris, 1990, p. 78). Le bois du couvercle est fendu en plusieurs endroits. Le somptueux décor extérieur de la caisse présente des singes musiciens et des scènes grotesques, magnifiquement réalisés sur fond d'or, en utilisant certaines figures dérivées, peut-être, du Treatise on Japanning (Londres, 1688) de John Stalker and George Parker. Le décor de l'extérieur du couvercle présente, parmi beaucoup de fleurs et de fruits, une grenade ainsi qu'un paon sur le portillon. Ce travail exceptionnel, proche du style de Bérain, est très semblable à celui du “Ruckers/?/Blanchet/Taskin” de 1646/?/1756/1780 (Paris, Musée instrumental). Il daterait des années 1705 à 1710. Voir suite et fin de la description au lot 124(1) et 124(2) 350 000/400 000 €
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