Lot no. 137
Jacques-Louis DAVID (Paris 1748 - Bruxelles 1825) Portrait de Danton (1759 - 1794), vers 1790 ou vers 1795 Crayon noir 16,5 x 12 cm Provenance : Alexandre de Saint-Albin, par descendance dans la même famille Bibliographie : Jules Michelet, « Histoire de la Révolution française », 1850, Livre IV, chapitre VI Charles Blanc, « Histoire des peintres de toutes les écoles. École française », T. II, 1865, p.10-11 Jules David, « Le peintre Louis David, 1748-1825, T.I Souvenir et documents inédits », 1880, p.657 Jules David « T.II Suite d'eaux fortes d'après ses œuvres gravées par J.L. Jules David son petit fils », 1882, 20ème fascicule, gravure repr. L. Rosenthal, « Louis David », Paris, 1904, p.132 R. Bouyer, « Un portrait de la première femme de Danton par David », Revue de l'Art Ancien et Moderne, janvier 1921, p.29 L.A. Prat et P. Rosenberg, « Jacques-Louis David, catalogue raisonné des dessins », T.I, ed. Leonardo Arte, Milan, 2002, p.175, n°157 Exposition : « Paris et la Révolution », Paris, Musée Carnavalet, 1931, n°106 « La Révolution française », Paris, Musée Carnavalet, 1939, n°618 Œuvre en rapport : - Un portrait peint (d'après notre dessin ?) de l'école de David au musée Carnavalet ; - Trois autres portraits dessinés de Danton par David, voir Prat et Rosenberg n°123, 124 et 125 (opus cité supra). Avoir été avocat au Conseil du Roi à partir de 1787 n'empêcha pas Danton de devenir très rapidement le tribun révolutionnaire le plus aimé du peuple parisien. Il fut élu président du district des Cordeliers, la plus populaire des sections de Paris. Lors des journées des 5 et 6 octobre, où le premier drapeau rouge fut déployé, il était au milieu des pétitionnaires qui réclamaient la déchéance du roi. Il devint ensuite ministre de la Justice, et fut à l'origine des grandes arrestations et des grandes purges dans les prisons lorsque les puissances étrangères envahirent la France. Souvent attaqué et calomnié, il montait à la tribune et retournait l'Assemblée. Fin 1793, il fit un séjour à Arcis sur Aube ; il fonda lors de son retour à Paris le Club des Indulgents. Jugé trop peu révolutionnaire et accusé d'anti-républicanisme par Robespierre et son clan, il fut arrêté le 30 mars 1794 (10 germinal an II), puis jugé à la hâte de peur que le peuple ne se retourne contre les Montagnards. Au moment de mettre la tête sur le billot le 5 avril 1794 (16 germinal an II), ses derniers mots au bourreau témoignèrent de son courage et de sa fierté : « Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut bien la peine ! ». La voici… La datation du dessin oscille entre deux thèses. Selon Charles Blanc, David proposa en 1795 à M. Rousselin de Saint-Albin, grand ami de Danton, de lui dessiner le portrait de Danton, pour tenter de faire oublier qu'il vota sa mort (voir Charles Blanc, « Histoire des peintres de toutes les écoles. École française », T. II, 1865, p.10-11). Un an auparavant, M. Rousselin de Saint Albin avait été arrêté le 25 mai 1794 (6 prairial de l'an 2) par un acte du Comité de Sûreté Générale dont David faisait partie (voir photo). La déchéance de Robespierre, le 9 Thermidor (27 juillet 1794), le sauva in extremis. Mais selon Michelet, dans son « Histoire de la Révolution Française », le portrait aurait été dessiné ad vivum, lorsque Danton Robespierre et David étaient tous trois Montagnards, en 1790. L'historien dresse un portrait inspiré de Danton d'après ce dessin de David: « J'ai sous les yeux un portrait de cette personnification terrible, trop cruellement fidèle de notre Révolution, un portrait qu'esquissa David, puis il le laissa, effrayé, découragé, se sentant peu capable encore de peindre un pareil objet. […] Et pourtant ce monstre est sublime. - Cette face presque sans yeux semble un volcan sans cratère, - volcan de fange ou de feu - qui dans sa forge fermée, roule les combats de la nature » (in Michelet, « Histoire de la Révolution Française », Livre IV, Chapitre VI). Prat et Rosenberg (opus cité supra p. 175) ne donnent pas d'indication précise sur la datation du dessin, et laissent libre l'interprétation entre les deux thèses. Monsieur de Saint-Albin, né Rousselin, a seize ans lorsque éclate la Révolution. Il devient vite actif au club des Jacobins et publie le journal la « Feuille du Salut Public ». Partisan avec Danton de la fin de la Terreur, il est arrêté le 25 mai 1794 alors qu'il est commissaire de la République à Troyes. Attaché au parti de Bernadotte, il est surveillé de près sous l'Empire. En 1808 le colonel de Saint-Albin l'adopte. A la Restauration il prend le parti des libéraux et fonde le journal le « Constitutionnel ». A la mort de Barras il est chargé par la famille de celui-ci d'emporter tous les documents compromettant avant que la police de Charles X ne s'en empare. Après les « Trois Glorieuses », il ne prend aucune fonction politique dans la Monarchie de Juillet et meurt en 1847.
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Drawings, watercolours and pastels
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Catalog
Dessins Anciens et Modernes
75009 Paris - France
12/01/2008
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