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Lot no. 17
Jacques Louis DAVID (Paris, 1748 - Bruxelles, 1825) Portrait du général baron Claude Marie Meunier, gendre de Jacques-Louis David Sur sa toile d'origine 72,5 x 58 cm Dans son cadre d'origine Provenance : Collection du modèle Claude Marie Meunier (Saint Amour 1770 - Paris 1846); Collection de sa femme, Emilie David (1786 - 1863), épouse Meunier, Calais; Collection de son fils Jules Meunier (1813 - 1867); Collection de sa femme, Pauline Derode, baronne Meunier (1824 - 1903), morte sans enfants; Donné à Mathilde Jeanin, femme de Marius Bianchi, (1822 - 1904), et fille de Louis Charles Jeanin (1812 - 1902), cousin de Pauline Derode; Collection Renée Bianchi; Collection Vicomtesse Fleury (1869 - 1948). Exposition : David et ses élèves, Paris, Palais des Beaux-Arts de la ville de Paris, 1913, p. 24, n° 53; Exposition d'art français du XVIIIème siècle, Copenhague, Musée Royal, 1914, n° 67. Bibliographie : P.A. Coupin, Essai sur J. L. David, peintre d'histoire, ancien membre de l'Institut, officier de la Légion d'honneur, Paris, 1827 p. 56; J. du Seigneur, «Appendice à la notice de P. Chaussarde sur L. David», Revue universelle des arts, t. XVIII, p. 367; J. David, Le peintre Louis David, 1748 - 1825, Souvenirs et documents inédits, Paris, 1880, pp. 509, 647; J. David, Le peintre Louis David 1748 - 1825, Suite d'eaux-fortes d'après ses œuvres gravées par J.L. Jules David son petit-fils, Paris, 1882, tome II, fascicule. 8 (gravure); Ch. Saunier, «Voyage de David à Nantes en 1790», Revue de l'Art Ancien et Moderne, XIV, 1903; L. Rosenthal, Louis David, Paris, s. d. (1904) p. 166; Ch. Saunier, «David et son école au Palais des Beaux-Arts de la ville de Paris», Gazette des Beaux-Arts, mai 1913, p. 279; T. Möller «L'exposition de l'art français du XIXème siècle à Copenhague», Gazette des Beaux-Arts, août 11914, pp. 158-159; R. Cantinelli, Jacques-Louis David 1748-1825, Paris et Bruxelles, 1930, p. 112, n° 127; Kl. Holma, David, son évolution et son style, Paris, 1940, p. 128, n° 133; J. Maret, David, Monaco, 1943, pp. 86 - 118; L. Hautecoeur, Louis David, Paris, 1954, p. 230, n° 121; R. Verbraeken, Jacques Louis David jugé par ses contemporains et par la postérité, Paris, 1913, p. 162, 249, n° 125; A.Schnapper, David témoin de son temps, Fribourg, 1980, p. 266; P. Rosenberg et M. Stewart, French paintings 1500 - 1825 : The Fine Arts Museums of San Francisco, San Francisco, 1987, pp. 145-146; A.Schnapper, Jacques Louis David 1748 - 1825, Paris, Versailles, 1989 - 1990, p. 485, reproduit fig. 135 (emplacement inconnu); S. Nash, Rembrandt to Renoir : 300 years of European Masterpieces from the Fine Arts Museum of San Francisco, Cambera, Australian National Gallery, Melbourne, National Gallery of Victoria, Auckland, City Art Gallery, 1992 - 1993, p. 114; L. Eitner, French Paintings of the Nineteenth century, Part. I : Before Impressionism (the collections of the National Gallery of Art Systematic Catalogue, Washington D. C., 2 000, p. 212, n° 13); L.A. Antoine Prat et P. Rosenberg, Jacques Louis David 1748 - 1825, Catalogue raisonné des dessins, Milan, 2002, vol. 2, p. 1215; P. Lang in M. Reinhart-Felice, Sammlung Oskar Reinhart «Am Römerholz» Wintherthur : Gesamtkatalog, Bâle, 2003, p. 276. Ce portrait est resté jusqu'à ce jour dans la famille du peintre. Comme l'attestent les étiquettes à l'arrière de son cadre d'origine, il n'est sorti de son «écrin familial» que lors des expositions de 1913 et 1914 (Paris et Copenhague, voir opus cité supra). Le modèle était le gendre de Louis David dont il avait épousé la fille, Louise Emilie Félicité David, le 25 mars 1805. Notre tableau s'inscrit dans une série de portraits de famille que David entreprend vers 1810. Cette série comprend le portrait de son premier gendre Jean-Baptiste Jeanin (collection privée), celui de son épouse, Marguerite-Charlotte David (National Gallery of Art, Washington), les portraits de ses filles jumelles, Pauline (Collection Reinhart, Winterthur) et Emilie (Fine Arts Museum, San Francisco), ainsi que celui de son second gendre, le Général Baron Claude-Marie Meunier, notre tableau. David propose un mode de représentation qui combine finement le charisme et la grandeur des compositions officielles avec l'humanité voire la tendresse et le respect qu'il a pour les membres de sa famille. Ces caractéristiques, évidentes sur notre tableau, se retrouvent sur l'ensemble de la série des portraits familiaux entre 1810 et 1813. David a dressé lui-même plusieurs listes de ses propres œuvres, connues grâce à son fils Jules David (cf. David [-Chassagnolle], Louis-Jules : Le peintre Louis David, 1748-1825, souvenirs et documents inédits. Paris, 1880). Le Portrait de Claude-Marie Meunier est, selon Jules David, peint en 1812. D'après lui, le général revenait d'Espagne et pouvait partir précipitamment dès l'annonce d'une nouvelle mission, ce qui explique la touche rapide du tableau. La pose du général Claude Marie Meunier présente de grandes affinités avec celle de L'Empereur Napoléon dans son bureau aux Tuileries (National Gallery of Art, Washington) auquel David travaille la même année. Le jeu des broderies dorées sur l'uniforme bleu foncé est somptueux, le ruban de la Légion d'honneur et le traitement des épaulettes tamponnées de peinture rouge donnent une belle impression de spontanéité. Il est rare que David succombe à une telle fascination pour les effets décoratifs d'un costume. On la retrouve cependant dans le Portrait d'Antoine Français dit Antoine Français de Nantes, (Paris, musée Jacquemart-André) datant de 1811. David, conscient de la théâtralité du costume de cour, la traduit avec virtuosité: sur un fond neutre et sombre, le bleu foncé du costume et le noir du chapeau contrastent avec de multiples variations de blanc: satin argenté, collerette blanc crème et plumes bleutées. Le centre de la composition se concentre sur la tache rouge du ruban de la Légion d'honneur, dont Antoine Français est fait grand officier le 30 juin 1811 au moment même où David achève le portrait (peut-être même l'a-t-il modifié). Les proportions étroites du tableau sont peu communes, laissant penser que David transgresse volontairement les normes d'un format qu'il a standardisé. Les portraits du baron Meunier et de d'Antoine Français sont une illustration d'une nouvelle génération ayant gagné un statut social grâce aux événements de la Révolution et de l'Empire. David représente ces personnages avec un réalisme sans concession, heureux de présenter leur ascension sociale. La fluidité des courbes, visibles dans les lèvres, le cou, les oreilles et les boucles, incite à penser qu'il se laisse aller à un mode pictural très ample dans le portrait du baron Meunier. Ainsi, les décorations de son gendre sont traitées vivement, avec désinvolture. David semble attacher plus d'importance à la représentation de la force du personnage qu'à la mise en valeur de son rang. Une autre version du Portrait de Claude-Marie Meunier (collection particulière) fut exposée en 2005 au Paul Getty Museum à Los Angeles (Cf. Jacques-Louis David, Empire to Exile, cat. n°20, repr. pp. 170-171). Le Musée du Temps à Besançon en conserve également une copie. Le Portrait de Jean-Baptiste Jeanin, également gendre de Jaques Louis David date de 1810. L'époux de Pauline David porte l'uniforme de général de brigade et la croix de la Légion d'honneur étant commandant de cet ordre depuis novembre 1808. Le 15 août 1809, il devient baron de l'Empire. David a donné beaucoup d'humanité au portrait de son gendre : il n'y a aucune trace d'orgueil dans la pose ou dans le visage de Jeanin. La touche est fine et la palette de couleurs limitée, peut-être pour souligner une personnalité renfermée sur elle-même. Le portrait de Laure-Emilie-Félicité David, Baronne Meunier, est peint vers 1812 comme une ébauche : les cheveux et la robe sont esquissés, tandis que les bras et le visage sont plus travaillés. Ainsi que dans le portrait de sa soeur Pauline (Portrait de Pauline-Jeanne David, Baronne Jeanin, 1810) la touche est vive. David met en valeur le fait qu'Emilie et Pauline soient jumelles en les revêtant d'une même robe orange à courtes manches bouffantes. Les rehauts de rose parsemant leurs toilettes évoquent la douceur du velours, s'opposant ainsi au portrait de leur mère habillée d'un satin blanc très vif. Les mains sont volontairement tronquées par le format. David différencie cependant le caractère de ses filles : Jules David rapporte le tempérament “ impétueux ” de sa tante Pauline tandis qu'Emilie était plus posée. Pauline qui n'est ni réellement assise ni debout, reprend la pose de la sœur de David dans le tableau conservé au Louvre :Emilie Sériziat et son fils Emile, 1795. Ces deux portraits ne sont pas inventoriés à la mort de David. Peut-être les a-t-il emportés avec lui lors de son exil à Bruxelles, pour ensuite les offrir à ses filles. David avait déjà peint un double portrait de ses filles dans un médaillon vers 1791-1792, aujourd'hui connu par une gravure (Prat et Rosenberg : Jacques-Louis David (1748-1825), Catalogue raisonné des dessins, vol.2, Paris,). Le portrait de Marguerite-Charlotte David, née Pécoul date de 1813. On retrouve le même fauteuil dans lequel s'assoit Emilie et les mêmes harmonies de couleurs, bien qu'elles soient inversées : le rouge mat du châle brodé, s'étalant en longs plis, contraste avec le satin blanc de la robe et les plumes extravagantes du bandeau. La composition, plus ambitieuse que celle du portrait de ses filles, inclut les mains, détaillées avec beaucoup d'attention. La pose est une variation du portrait de Anne-Marie-Louise Thélusson, Comtesse de Sorcy, (1790, Alte Pinakothek, Munich) tout en étant moins imposante. Ce portrait de l'épouse de David est également moins formel que celui de la Comtesse Daru (1810, Frick Collection, New York), exécuté peu de temps auparavant. David réduit la hauteur du tableau d'au moins 10 cm et lui donne une plus grande intimité en se rapprochant du modèle. Le portrait de Claude Marie Meunier est une œuvre émouvante. Son écriture fine, ciselée, presque cristalline, parfaitement préservée du fait que le tableau n'a jamais changé de mains, nous révèle un pan de l'art de Jacques Louis David, loin du portrait officiel parfois contraint de la fin de sa vie. Nous remercions Monsieur Philippe Bordes qui, après avoir examiné le tableau, nous confirme l'attribution. Nous le remercions également pour ses précieuses informations. Biographie du Général Baron Claude-Marie MEUNIER Claude-Marie Meunier est né le 4 août 1770 à Saint-Amour dans une famille modeste. Son père, officier de carrière, s'attache à lui enseigner les idées de Jean-Jacques Rousseau et du siècle des Lumières. En 1792, il s'engage comme soldat volontaire dans le Jura natal puis participe à plusieurs campagnes : il sert l'armée du Rhin de 1792 à 1795 puis intègre l'armée d'Italie de 1795 à 1798 où il devient capitaine. En 1798, il part en Egypte où il reste jusqu'en 1801. Colonel du 9ème régiment de l'infanterie légère en 1803, il épouse le 27 mars 1805 Louise-Emilie-Félicité David, la fille du peintre et va rejoindre la Grande Armée en Autriche, en Prusse et en Pologne de 1805 à 1807 dans la division Dupont. Il se distingue notamment à Austerlitz et devient commandant de la Légion d'Honneur en 1806. Il est nommé Baron de l'Empire le 26 octobre 1808. Il passe alors en Espagne de 1808 à 1811 où il est nommé général de brigade le 8 janvier 1810 après la bataille de Cuenza. De nouveau envoyé en Allemagne en 1812, il fait les campagnes de Russie où il participe aux principales batailles. Sur le portrait que nous présentons, peint par David, deux étoiles apparaissent sur les épaulettes de son uniforme : elles correspondent à son rang de général de brigade, ce qui permet de dater le tableau entre 1810 et 1813 puisqu'il est promu général de division le 5 novembre 1813 et reçoit ainsi sa troisième étoile. Il sert sous les ordres du maréchal Ney pendant la campagne de France. Après la chute de l'Empire, le baron Meunier se rallie au gouvernement des Bourbons et reçoit le commandement de la ville de Poitiers qu'il laisse pendant les Cent Jours pour commander une division de la jeune garde impériale. La seconde Restauration l'envoie en Bretagne en qualité d'inspecteur général d'infanterie, poste qu'il occupe également sous la Monarchie de Juillet. Se complaisant dans ses souvenirs, il écrit pour ses enfants l'Histoire populaire de Napoléon, suivie de la translation de ses restes mortels à Paris en 1842. Mort à Paris le 14 avril 1846, il est enterré au cimetière du Père-Lachaise aux côtés de David. Le nom du général Meunier est inscrit au côté Sud de l'Arc de Triomphe de l'Etoile Le lot 17 sera vendu par : Parisud-enchères Martin du Nord - de Bouvet - Tissandié - Conan Fillâtre S.V.V. Agrément : 2001 / 026 - Caution QBE : 7 250 000 € Société de ventes aux enchères - La Croix Blanche - 91 700 Sainte Geneviève des Bois Tél. : 01.69.46.60.04 - Fax : 01.69.46.60.14 [email protected] - RCS Evry 440 461 911
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Old paintings
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12/13/2006
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33 (0)1 53 34 10 10

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