Lot no. 53
JEAN-BAPTISTE OUDRY (Paris 1686 - Beauvais 1755) UN LÉVRIER SURVEILLANT UN TROPHÉE DE CHASSE AU LIEVRE Toile 131 x 114 cm Signée et datée en bas à gauche : JB Oudry / 1731 PROVENANCE : Provenant d'un hôtel particulier parisien, ce tableau est resté dans la même famille depuis le milieu du XIXe siècle. Jean-Baptiste Oudry, principalement connu pour ses peintures d'animaux, ne vint pas directement à ce genre mais commença par le portrait et la peinture religieuse sous l'impulsion de Nicolas de Largillierre (1656-1746) dont il fut l'élève pendant cinq années, vivant dans son atelier, participant à son travail, et l'introduisant aussi dans la société qu'il fréquentait. Cette rencontre fut déterminante pour son œuvre autant d'un point de vue technique que d'un point de vue social. Ce n'est qu'en 1722, alors qu'il présentait La chasse au sanglier (non localisé) à l'Exposition de la jeunesse qu'il affirma sa réputation de peintre animalier. La cour s'intéressa à lui : il fut reconnu comme peintre officiel des chasses royales. Sa manière de peindre appartient dès lors au style Louis XV, appelé par ses contemporains style pittoresque. Le tableau que nous présentons est de la meilleure période de l'œuvre de Jean-Baptiste Oudry. D'une part, on reconnaît sa touche onctueuse et légère, l'emploi du vert et de ses dégradés pour les feuillages et la plante du premier plan, mais aussi le rendu remarquable des "effets de la nature" (dixit Charles-Antoine Coypel, cité par F. Kimball, The creation of Roccoco, New York, 1943 [1964], p. 62) : cette façon sensible de saisir le velouté de la fourrure du lièvre contrastant avec le poil ras du lévrier. Cette maîtrise technique ne semble être que l'application des leçons de son maître : la palette brillante, les contrastes d'ombre et de lumière ont bien été créés initialement pour le portrait, et Oudry les réinvestit dans un autre genre. D'autre part, les éléments de la composition elle-même et sa mise en scène sont typiques : on les retrouve quasiment à l'identique dans Deux lévriers, daté de 1750, conservé à Moscou, au musée Pouchkine (voir Animaux d'Oudry, collection des ducs de Mecklembourg-Schwerin, Fontainebleau, Versailles, 2003-2004, reproduit en noir et blanc p. 33). En effet, sur ces deux tableaux, les chiens sont saisis à l'arrêt, sur l'instant, devant un trophée de lièvre pris au piège. Jean-Baptiste Oudry avait utilisé l'exact motif de ce lièvre suspendu pour un tableau antérieur, sans doute l'un de ses premiers tableaux de peinture animalière, Nature morte avec un fusil, un pâté et du gibier mort dit Le feu, daté de 1719, conservé à Stockholm, au Château Royal (voir Jean-Baptiste Oudry 1686-1755, galeries nationales du Grand Palais, 1982, Paris, reproduit en noir et blanc, p. 80) qui appartenait à une série (les quatre éléments) qu'il peignit pour lui, puis qu'il vendit vingt ans plus tard au roi de Suède. En revanche, le lévrier semble bien inédit, il rivalise d'élégance avec les fameuses chiennes de Louis XV, peintes quelques années auparavant, Misse et Turlu, datées de 1725, conservées à Fontainebleau, au musée national du château (voir Animaux d'Oudry, n° 11, reproduit en couleur, p. 63). De plus, ce tableau illustre remarquablement le genre pittoresque déjà évoqué. Ce style se caractérise par l'emploi d'arabesques et d'asymétries. Ainsi, notre tableau propose un jeu sur les lignes où la courbe de la queue du chien se heurte à la diagonale formée par le tronc de l'arbre. Cette asymétrie si spécifique de l'art rocaille amplifie l'effet de naturel du moment qui semble saisi sur le vif, au hasard. 400 000 / 600 000 €
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Old paintings
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Catalog
Tableaux Anciens
75008 Paris - France
06/24/2004
Offered by Tajan
01 53 30 30 54