Lot no. 131
Jean DUBUFFET " L'ESCLAVE ", 1951 Huile sur toile signée et datée en bas à droite, contresignée, titrée et datée "Sept. 51" au dos. 81 x 100 cm Provenance : - Collection particulière, Milan. - Galerie Beyeler, Bâle. - Collection particulière. Bibliographie : " Catalogue des travaux de Jean Dubuffet : Tables Paysagées, paysages du mental, pierres philosophiques ", fascicule VII, reproduit page 62 sous le n°89. " Le geste essentiel du peintre est d'enduire... plonger ses mains dans de pleins seaux ou cuvettes et de ses paumes et de ses doigts mastiquer avec ses terres et pâtes le mur qui lui est offert, le pétrir corps à corps, y imprimer les traces les plus immédiates qu'il se peut de sa pensée et des rythmes et impulsions qui battent ses artères et courent au long de ses innervations, à mains nues ou en s'aidant s'il se rencontre d'instruments sommaires bon conducteurs - quelque lame de hasard ou court bâton ou éclat de pierre - qui ne coupent ni affaiblissent les courants d'ondes. Après cela combien vain qu'on trouve là peu ou beaucoup de couleurs et qu'elles elles sont ! Bien misérable chose que le blanc employé soit un peu sale ou le jaune un peu terne ! De la boue seulement suffit, rien qu'une seule boue monochrome, s'il s'agit vraiment de peindre. " Jean Dubuffet "L'Esclave " peint en septembre 1951, juste après la période des " Corps de dames ", traités dans une pâte épaisse mêlée de graviers et marquée de tracés hâtifs, appartient à la série des " Sols et terrains, tables paysagées, paysages du mental ", exécutée à Paris de mars à octobre 1951. La peinture et plus particulièrement sa texture, qui devient le sujet même de l'œuvre, est traitée en maçonnage lourd, triturations de pâte épaisse aux reliefs accusés. La gravité du sujet est parfaitement rendue par la gamme sourde de bruns employée pour la scène principale de flagellation, mise en opposition avec les couleurs vives des angles supérieurs. Elle est également rendue par les griffures dans la couche picturale. Cette technique rappelle " Les Hautes Pâtes " des années 1940. Ce travail des années 1950-1951, consacré à la recherche d'une nouvelle esthétique tournée vers le sens de l'œuvre, dépasse les valeurs de grâce et de beauté pour en réhabiliter d'autres jusqu'alors méprisées, dont la signification profonde est à jamais amalgamée à la matière même de la peinture. 300 000 / 350 000 €
Pictures credits: Contact organization
Old paintings
About the sale
Catalog
04/25/2004
Offered by Maître DE CRISNAY
01 39 50 69 82