Lot no. 6
Jean-François Pierre PEYRON (Aix-en-Provence 1744 - Paris 1814)
"Ćdipe Ă Colone"
Toile. Signée et datée en bas au centre sur les marches P. PEYRON inv. et fec. 1806.
Inscription sur le monument au centre EYMENIDES
50 x 80,5 cm.
(Accidents).
Exposition :
Salon de 1806, Paris, n° 419 "appartient à l'auteur "
Bibliographie :
Collection Deloynes, t. XXXVII, n° 1039, pp. 57-588 ; t. XXXVIII, n° 1040, pp. 106-109 ; n° 1043, pp. 370-371 ; t. XL, n° 1063, p. 354 ;
C.P. London, Annales du Musée et de l'école moderne des Beaux-Arts, Paris, 1801-1809, XIII, pp. 57-58 ;
P.M. Gault de Saint Germain, "Notice nécrologique de PEYRON ", Le Moniteur Universel, 6 février 1814, p. 148 ;
F.L. Regnault-Delalande, Notice historique sur J.F.P. Peyron (en introduction du catalogue de sa vente aprÚs décÚs, Paris, 10 juin 1816), Paris, 1816, p. 9 ;
T.B. Emeric-David, âPEYRONâ in Bibliographie universelle ancienne et moderne [âŠ], XXXIII, Paris 1823, p. 552 ;
M. Erard-Gilles, J.F.P. Peyron (1744-1814), (mémoire de maßtrise dactylographié), Paris, 1969-1970, T. 20 ;
J.H. Rubin, "Ćdipus, Antigone and exiles in post - revolutionary French paintings ", The Art Quaterly, XXXVI, n° 3, automne 1973, p. 146, 153, 165, n° 16, 168, notes 12 et 19, 170, note 52, 166, fig. 7 (gravure de Normand).
P. Rosenberg et U. van de Sandt, Pierre Peyron, 1744-1814, Neuilly sur Seine, 1983, n° 87*T, (localisation inconnue)
Gravures : Par Monsaldi (1768-1816), exposée aux Salons de 1808, n° 817 et de 1810 ; n° 1167 ;
Par Ch. Normand, publiée par Landon dans les Annales du Musée, 1801-1809, t. XIII, planche 25 ; 2Úme édition, t. II, planche 46 (voir P. Rosenberg et U. van de Sandt, opus cité supra, reproduit fig. 177).
PEYRON reprend ici le sujet d'un dessin qu'il avait exposé au Salon de 1785, (localisation inconnue ; voir P. Rosenberg et U. van de Sandt, opus cité supra, n° 91D, non reproduit). Nous connaissons deux autres dessins de ce sujet, non datés et conservés l'un à Darmstadt, au Hessisches Landesmuseum (voir P. Rosenberg et U. van de Sandt, opus cité supra, n° 89, reproduit fig. 64) et l'autre à Paris dans une collection particuliÚre (voir P. Rosenberg et U. van de Sandt, opus cité supra, n° 90, reproduit fig. 65).
Le sujet dĂ©rive de la tragĂ©die de Sophocle, Ćdipe Ă Colone : "Ćdipe assis auprĂšs du temple des EumĂ©nides et de l'autel qui lui sert d'asile accable de reproches son fils Polynice pour qui une de ses sĆurs, Antigone, demande grĂące ". Le chĆur se compose de vieillards de Colone, bourg voisin d'AthĂšnes.
AprĂšs avoir tuĂ© son pĂšre le roi LaĂŻos sans le savoir, Ćdipe accomplit la seconde partie de l'oracle en Ă©pousant sa mĂšre, Jocaste. Ćdipe et Jocaste, assistĂ©s du frĂšre de cette derniĂšre, CrĂ©on, rĂšgnent sur ThĂšbes pendant plusieurs annĂ©es. Le couple donne naissance Ă deux fils, Polynice et EtĂ©ocle et deux filles, Antigone et IsmĂšne. La rĂ©gion est alors frappĂ©e de famine et devient stĂ©rile. L'Oracle de Delphes demande Ă CrĂ©on de chasser les meurtriers de LaĂŻos et le prophĂšte TirĂ©sias dĂ©signe Ćdipe comme le coupable. Au mĂȘme moment, Ćdipe dĂ©couvre ses vĂ©ritables origines ainsi que les fautes qu'il a commises.
Jocaste se pend et Ćdipe s'aveugle avec sa broche. CrĂ©on respecte les volontĂ©s de l'Oracle de Delphes et assure la rĂ©gence aprĂšs avoir banni Ćdipe. Ce dernier se querelle avec EtĂ©ocle et Polynice et les maudit. Il fait le vĆu de les voir se tuer l'un l'autre. Ćdipe est chassĂ© de ThĂšbes par CrĂ©on quand EtĂ©ocle devient roi. Il part avec sa fille Antigone, promise Ă HĂŠmon, le fils de CrĂ©on, Ă Colone pour y mourir. Les malĂ©dictions prononcĂ©es par Ćdipe contre ses fils se rĂ©alisent quand EtĂ©ocle, qui a acceptĂ© le partage du trĂŽne par roulement chaque annĂ©e, refuse de le rendre Ă son frĂšre Polynice Ă l'Ă©chĂ©ance, avec le soutien de CrĂ©on.
Polynice, prĂ©venu par un oracle que la victoire reviendra Ă celui qu'Ćdipe protĂ©gera, se rend Ă Colone pour convaincre ce dernier de lui accorder son soutien. Il repart avec une nouvelle malĂ©diction. CrĂ©on, alliĂ© d'EtĂ©ocle, tente aussi de ramener Ćdipe de Colone afin d'Ă©tablir sa sĂ©pulture Ă ThĂšbes et sauver la citĂ© selon la prophĂ©tie. Il est repoussĂ© par les troupes athĂ©niennes de ThĂ©sĂ©e, venu Ă la rescousse du vieil homme. Ćdipe lui assure que la prĂ©sence de son corps garantira AthĂšnes contre toute attaque ultĂ©rieure de ThĂšbes. Ćdipe dĂ©cĂšde Ă Colone, accordant sa bĂ©nĂ©diction Ă l'Attique qui lui avait servi de refuge.
La composition du dessin et celle de notre tableau correspondent au texte de Sophocle. La seule diffĂ©rence consiste en la prĂ©sence de ThĂ©sĂ©e tandis que chez Sophocle, Ćdipe, exilĂ©, consent Ă entendre son fils sur les instances de ThĂ©sĂ©e, alors que seul le chĆur assiste Ă l'entretien. L'autre figure fĂ©minime est IsmĂšne que supprime Ducis en 1778, (revue en 1797) ce qui nous prouve que PEYRON ne s'inspire pas de cette adaptation.
Notre tableau reçut un accueil trÚs favorable au Salon de 1806 : d'"une composition belle et sage ", ce fut l'un des tableaux qui, selon Landon, avait "fixé l'attention des vrais connaisseurs ".
Pierre Rosenberg et Udolpho van de SANDT mentionnent dans le Catalogue raisonnĂ© de Pierre PEYRON un autre Ćdipe Ă Colone (voir opus citĂ© supra, n° 88T, localisation inconnue) qui figurait Ă la vente Royer, Ă Paris, le 2-4 septembre 1823, n° 9. Ce tableau, intitulĂ© Ćdipe et Polynice est vendu 450 F Ă LANGLOIS) pourrait bien ĂȘtre le nĂŽtre.
20 000/30 000 âŹ
Pictures credits: Contact organization
Drawings, watercolours and pastels
About the sale11/25/2005
Catalog
Tableaux Anciens et Modernes, Objets d'Art, Mobilier XVIIIe et XIXe SiĂšcles
75009 Paris - France