Lot no. 282
Le vendangeur en buis sculpté debout, appuyé sur sa canne, présente au bras droit un panier tressé débordant de raisins. Il porte une hotte en vermeil repoussé, ciselé et gravé de rinceaux et de fruits sur fond amati. Ses vêtements sont rehaussés déléments en vermeil, chapeau, jarretières, boucles de chaussure, canne, raisins et anse du panier, ceinture, lanières de la culotte et sangles de la hotte.
Il repose sur un socle rond en vermeil repoussé, ciselé et gravé dune frise de rinceaux et de fruits dans la partie inférieure, ceint à mi hauteur dun étranglement à doucine portant une terrasse gravée de végétations au naturel et appliquée de deux tortues, dun lézard et dune grenouille.
Poinçon du maitre orfèvre Christoph Ritter III. (sur le socle et sur la hotte)
Nuremberg, vers 1640
Hauteur : 23, 5 cm
Petites restaurations, pieds recollés.
Provenance : Anciennes collections Jules Porgès, en son hôtel particulier
de lavenue Montaigne, puis par descendance.
Témoins de la richesse des corporations allemandes au XVIIe siècle, les coupes de vendangeurs ou « buttenman » étaient utilisées lors des diners où les convives devaient boire dans la hotte sans renverser le vin. Ces personnages sont caractéristiques des grandes régions viticoles dAlsace, de Suisse ou dAllemagne.
On nen connait que de rares exemplaires : une paire figurant un couple de vendangeurs provenant des anciennes collections Rothschild fut vendue lors de la dispersion de Mentmore Castle (Sothebys, 19 mai 1977, lot 656).
Un modèle similaire au notre, bien que plus riche dans sa conception, est illustré dans louvrage de Paul Lacroix « Les arts et métiers au Moyen Age » ( Firmin-Didot, 1887).
Le grand collectionneur Carl Mayer de Rothschild possédait un vendangeur réalisé entièrement en argent et vermeil par Christoph Ritter I en 1547.(sa vente, Galerie Georges Petit, lundi 12 juin 1911, lot 10)
Signalons enfin un exemplaire exécuté à Ulm vers 1600, qui présente la particularité davoir une monture en argent et non en vermeil (vente Sothebys du 25 novembre 2010 , lot 351)
Jules Porgès (1839-1921)
Fils dun joaillier tchèque, Jules Porgès simpose très vite dans le commerce du diamant, en faisant lacquisition des grandes mines dAfrique du Sud à Kimberley. Associé à Alfred Beit et Julius Wernher, il revend la « Compagnie française de diamants du cap de Bonne-Espérance » à De Beers en 1887.
Homme dune grande distinction, plein dintuition et de finesse, il a épousé Rose-Anne, dite Anna Wodianer. Le couple devient une figure emblématique de laristocratie parisienne. Son épouse viennoise dune grande beauté, souhaitait revivre les dernières années de lAncien Régime.
À Rochefort-en-Yvelines, le couple rachète le château de la famille de La Rochefoucauld pour 900 000 francs et fait édifier par larchitecte Charles Méwès une demeure grandiose inspirée de lhôtel de Salm
En 1892, Jules Porgès fit construire par larchitecte Ernest Sanson un hôtel particulier inspiré du château dAsnières, au 18 avenue Montaigne, dans le VIIIe arrondissement, sur lemplacement de la « Maison pompéïenne » du prince Jérôme Napoleon Bonaparte et commence une fabuleuse collection de peintures, démaux et dorfèvrerie médiévale et de la Renaissance.
Ses collections sont aujourdhui dispersées dans les plus grands musées du Monde, au Métropolitan Museum ou encore au Detroit institut of Arts.
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