Lot no. 75
Lee UFAN « DIALOGUE », 2006-2007 Huile sur toile signée et datée « 06 » sur le coté droit, contresignée, datée « 2007 » et titrée au dos 227 x 182 cm Provenance : - SCAI The Bathhouse, Tokyo - Collection particulière Exposition : « Lee Ufan », SCAI The Bathhouse, Tokyo, 2007 Apôtre du non-agir, Lee Ufan est un artiste qui cherche résolument le moyen d’accueillir le monde tel qu’il est, se concentrant particulièrement sur le point et la ligne. Il pense que le plus haut niveau d’expression n’est pas de créer quelque chose à partir de rien, mais d’utiliser quelque chose qui existe déjà, afin de révéler plus intensément le monde. Ce sera la doctrine du mouvement Mono-Ha (l’école des choses) dont il fut l’un des créateurs et le théoricien majeur. Ce mouvement actif entre 1960 et 1970 prônait la réduction de l’intervention personnelle en mettant l’accent sur les relations entre les matériaux, l’espace et le spectateur. La trace, l’empreinte d’un mouvement se diluant dans l’espace du tableau, sont les constantes du travail de Lee Ufan. Renforcée par l’apparence précaire de la suppression, la suggestion de frôlements induit une sorte de dynamisme mental qui élargit le champ de l’installation plastique comme un signe unique du vide. La position souvent assise, jambes croisées devant la toile blanche posée sur le sol va permettre à Lee Ufan, par l’immobilité des mouvements corporels, de capter les fluides cosmiques dont il se nourrira et d’où jaillira la concentration du geste. Le geste de ce fait ne lui appartient pas entièrement, il appartient aussi à la toile, c’est un geste double, extérieur-intérieur, qui capte, comme les moustaches d’un chat une logique de vibrations au-delà de l’écriture des mots et des signes. Dans son travail, l’artiste développe des concepts de transcendance, de résonances, de correspondances, affirmant l’importance de la réflexion sur le corps, l’espace, le mouvement, le temps et l’infini. Dans cette œuvre « Dialogue » peinte en 2006-2007, Lee Ufan considère le centre du rectangle gris-bleu, décentré dans l’espace vide, comme un aspect immobile du temps, d’un temps qui rend possible le mouvement, tout en s’opposant à celui-ci comme une éternité au temps. Le temps étant pris ici dans la définition Augustinienne d’une image immobile de l’immobile éternité. Libéré ainsi du tourbillon des images, des désirs et des émotions, l’artiste-poète échappe à la roue des existences éphémères et n’éprouve plus que la soif de l’absolu. Ce qui importe dans cette création, c’est le chemin suivi qui va vers l’intérieur et conduit à la vraie vie. L’abolition des signes, la négation de la couleur, la réduction des masses, affirment la naissance d’un acte vital, d’un acte ultime où se consomme le vide. C’est l’acte souverain par lequel a lieu l’abolition de tout acte. C’est aussi l’apparition de l’espace intérieur, siège du conscient, de l’inconscient et des imprévisibles possibles. C’est l’espace où les ascètes et les mystiques ont pouvoir de faire grandir le désir de pureté mental, affectif et imaginatif. « Si l’on cherche à donner de la hauteur à une montagne, il ne faut pas la montrer toute entière car elle manquera de hauteur » dit Guo Xi, peintre chinois du XIème siècle. Si Lee Ufan dans cette oeuvre « Dialogue, 2006-2007 » ne peint qu’un semblant de forme c’est pour mieux révéler l’intériorité de l’œuvre. La trace picturale est inscrite pour approfondir le pragmatisme du dialogue entre parties peintes et non peintes, évitant toutes surcharges qui pourraient distraire. Œuvre conçue comme une apparition mentale, un éveil de l’intériorité ascétique et rigoureux de l’espace. Un monde qui nous dit que le sublime n’est contenu en aucune chose de la nature, mais seulement dans notre esprit.
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Drawings, watercolours and pastels
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Catalog
07/09/2017
Offered by Maître DE CRISNAY
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