Lot no. 22
Maria BLANCHARD 1881-1932
FILLETTE ASSISE DANS LA SALLE AUX BANCS, circa 1928
Pastel sur papier marouflé sur toile signée deux fois en bas à gauche
116 X 76 cm (45,67 X 29,92 in)
Provenance :
Ancienne collection Maurice Raynal
Bibliographie :
A rapprocher de la version à l'huile dans l'ouvrage par Liliane Caffin Madaule “catalogue raisonné de Maria Blanchard”, volume II, page 187
Un certificat de Madame Liliane Caffin Madaule sera remis à l'acquéreur
D'origine espagnole par son père, Maria Blanchard* est en femme ce que Toulouse-Lautrec fut en homme, car atteinte dès sa naissance d'une déformation de sa colonne vertébrale, elle fut mise à l'écart d'une vie sentimentale normale. Ses douleurs cachées et sa sensibilité exacerbée engendrent chez elle un don exceptionnel d'observation qui l'amène au dessin et à la peinture. Après avoir commencé ses études artistiques à Madrid en 1904 avec le professeur Fernandez Alvarez de Sotomayor**, elle obtient en 1908 la 3e médaille de l'Exposition Nationale et une bourse pour un séjour à Paris où elle s'installe définitivement en 1918. Grâce à l'amitié et la complicité de Juan Gris, espagnol comme elle, elle pénètre le mouvement cubiste et s'y intègre à part entière. Dès lors, elle entre dans le cercle des initiés, et rencontre à la galerie “L'effort Moderne” de Léonce Rosenberg, l'historien d'art Maurice Raynal, les peintres Lhote, Picabia, Braque avec lesquels elle se lie d'amitié...
Ses œuvres cubistes rencontrent un grand succès et Léonce lui achète toute sa production en 1919.
En 1921 elle se détourne du cubisme et revient au figuratif qu'elle ne quittera plus, présentant ses personnages dans leur vérité et leur quotidien. Des maternités, Maternité (1921), des scènes d'intérieur, La couturière 1923, La cuisinière, 1924, des enfants Les deux amies, 1923-1924, ou La fillette endormie, 1929, sont toujours exécutées dans l'environnement modeste des foyers populaires. Maria Blanchard ne fait pas d'exception pour la Fillette assise dans la salle aux bancs des années 1925-1930.
Ce tableau, dont une version appartient au Docteur Girardin (acquéreur de plusieurs œuvres de Maria Blanchard), se remarque par son dénuement et son austérité. Ce dépouillement est mis en scène par les lignes parallèles des bancs vides qui trouvent un écho avec les poutres du plafond placées dans le même sens. Il en résulte un volume, quelque peu mystérieux, dont Maria Blanchard fausse l'importance par l'amplification du personnage placé au premier plan. Cette manière très personnelle, que l'on retrouve d'ailleurs dans d'autres tableaux, force le réalisme et l'émotion que l'artiste veut exprimer. Ses racines espagnoles ne sont certainement pas étrangères à ce genre d'écriture picturale, la grande tradition réaliste espagnole ayant le goût des passions et des visages expressifs.
Tous les historiens d'art se sont intéressés à l'œuvre de Maria Blanchard, notamment Maurice Raynal, ancien propriétaire de ce tableau, qui écrivit en 1927 une Anthologie de la Peinture Française, dans laquelle un chapitre lui est consacré.
* Le nom de Blanchard lui vient de son grand-père maternel.
** Fernandez Alvarez de Sotomayor, conservateur du musée du Prado, fut également le Maître de Wifredo Lam et de Salvador Dali.
Bibliographie :
Liliane Caffin Madaule, catalogue raisonné des œuvres de Maria Blanchard, tome 2, Liliane Caffin Madaule Éditeur, Londres, 1992.
50 000 / 70 000 €
Pictures credits: Contact organization
Old paintings
About the sale12/08/2003
Catalog
Art Moderne - Part I Dont Ensemble d'Oeuvres d'Otto Freundlich
75008 Paris - France