Lot no. 53
Napoléon Ier (1769-1821) 8 L.S. « Napoleon », la 2e avec 2 corrections autographes, Calais, Dunkerque, Ostende, Étaples, Arras et Mons 19 thermidor-13 fructidor XII (7-31 août 1804), à l'Archichancelier CAMBACÉRÈS ; les lettres sont écrites par Méneval ; demi-page ou une page in-4 chaque. [152 à 156, 158, 160, 161] Tournee dans le Nord et en Belgique, alors qu'il prepare la ceremonie du Sacre, et qu'il se soucie des finances. Calais 19 thermidor. Il attend « le rapport du Grand maître des Cérémonies sur Notre-Dame pour régler les objets relatifs au couronnement. J'ai remis à Maret le décret sur les manteaux ; je l'ai approuvé. Je juge inutile de faire un décret particulier pour cet objet. J'ai fait l'arrêté qui nomme CHAPTAL Sénateur. J'ai confié à PORTALIS le portefeuille par interim [des Cultes]. Ce serait une mauvaise chose qu'une pension. J'ai nommé Portalis le fils ministre près l'Électeur archichancelier [Dalberg] à Ratisbonne »... Dunkerque 22 thermidor. Il n'est pas satisfait des explications de Cambacérès : « les règles ne sont pas suivies. [...] Les obligations à peine signées par le Ministre des Finances [Gaudin] doivent être mises dans le grand portefeuille, d'où elles ne peuvent sortir que par un arrêté. Je n'ai autorisé aucune sortie d'obligations de l'an 13. Faites connaître, je vous prie, que les obligations echeantes [correction autographe] qui sont sur la place soient sur le champ retirées, c'est vouloir discréditer le Trésor Public que d'en émettre de [autographe] cette époque. Non seulemt elles ne sont pas en dépôt, mais elles sont même négociées. Je connais des personnes qui en ont acheté. Je crains fort que notre Trésor ne soit dans une fausse direction. Continuez à prendre des éclaircissemens sur cet objet. Comment arrive-t-il que ces obligations si elles n'ont été mises qu'en dépôt, soient négociées et vendues sur la place ? Dites au Trésor Public qu'aucune ne doit sortir du Portefeuille que par mon ordre. Je ne condamne pas le ministre du Trésor public ; il est trop ami des règles pour avoir permis que des obligations de l'an 14 sortissent du Portefeuille. Cependant Maret m'assure que je n'ai rien signé de relatif à cela ». Dunkerque 22 thermidor : « je compte partir cette nuit pour Ostende. J'ai passé la journée à faire manoeuvrer les troupes. Veillez à ce que tout ce qui est relatif au couronnement marche. Je me porte fort bien, quoiqu'on s'obstine à Paris à me faire malade. Je ne conçois pas comment il n'est pas possible à la Police d'arrêter quelques-uns de ces colporteurs de mauvaises nouvelles qui évidemment sont poussés par les anglais ». Ostende 25 thermidor. « Je suis extrêmement satisfait de la flottille batave et des troupes du Camp de Bruges. Je ne témoigne pas mon mécontentement au ministre du Trésor Public sur le mauvais agiotage qu'on fait de nos obligations parce que je le crois encore dans le Département de l'Eure. Faites appeller son premier commis pour finir ces affaires ». Il faut également convoquer DESPREZ [régent de la Banque de France] et lui dire « combien j'ai été irrité de l'abus de confiance de sa compagnie qui par suite de ses opérations avec le Trésor Public en a reçu des obligations qu'elle a vendues. Si elle était payée pour nous discréditer et pour faire des opérations folles et insensées, elle n'en agirait pas autrement. [...] Les agioteurs ont cru qu'il y avait des arriérés de l'an 9. C'est une chose si contraire à mes principes que j'ai peine à le croire. [...] faites mettre dans le Moniteur un article bien frappé qui fasse sentir qu'il n'y a point d'arriéré ». Ostende 27 thermidor. Il n'a pas reçu la lettre de Barbé-Marbois. « Quant aux obligations de l'an 14 qu'il croit n'avoir point été négociées sur la place, il est dans l'erreur ; car j'en ai vu. C'est ainsi qu'on trompe ce ministre et que dans la plus belle prospérité, on désorganise nos finances »... Etaples 3 fructidor. « Je suis à Étaples, j'y resterai quelques jours. Il n'y a rien de nouveau. Je compte rester encore quelque tems dans ces cantons, entre Boulogne, St Omer & Arras, et être à Aix la Chapelle dans dix ou douze jours ». Arras 11 fructidor. Il est « satisfait de l'esprit de ce Département. Il faudrait s'occuper de faire payer par les diligences et autres voitures publiques le million que nous coûte l'entretien des postes ; ce million est un fardeau bien lourd pour le trésor, et est insuffisant pour maintenir les Postes. - Le Tribunal de Cassation coûte un million. Je voudrais que par un droit mis sur les produits de ce Tribunal, on gagnât ce million. Enfin je voudrais que par une loi particulière et qui précéderait les codes civil et judiciaire, on diminuât de trois millions les frais de justice [...] Ces cinq millions seraient une grande charge ôtée au Trésor Public. Il est aussi une chose que réclament tous les Départemens, c'est l'abolition du droit de passe. Tous sont d'accord que par une imposition sur les chevaux et sur les bestiaux,
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