Lot no. 175
Napoléon Ier Brouillon de son testament dicté par Napoléon à Montholon, Longwood (Sainte-Hélène) 13-15 avril 1821 ; 12 pages gr. in-fol. avec ratures, corrections et additions au crayon et à la plume. Précieux brouillon de travail du testament de Napoléon, que l'Empereur a dicté à Montholon et minutieusement corrigé avec lui, avant de le recopier de sa main. Ce document, jusqu'alors inconnu, est, semble-t-il, resté inédit. Napoléon, se sachant très malade et voyant sa fin proche, a décidé en avril 1821 de rédiger son testament. Il passe la journée du 13 avril enfermé dans sa chambre à travailler avec le comte de Montholon, le verrou tiré. Il lui dicte ce fameux testament, et continue sa dictée le 14. Le 15 avril, dans son lit, Napoléon recopie de sa main son testament olographe, sous la dictée de Montholon. Il y ajoutera plusieurs codicilles les jours suivants. [Le testament olographe, déposé à Londres le 10 décembre 1821 à la Cour des Prérogatives, fut rapatrié en France pour recevoir son exécution définitive en 1853. Il est conservé aux Archives Nationales.] L'ensemble, entièrement de la main de Montholon, écrit sur le même papier anglais (filigrané J. Whatman 1819 Balston & C°) que le testament olographe, comprend le «testament ou acte de ma dernière volonté», surchargé de corrections à l'encre ou au crayon (6 pages) ; il est complété par l'»Etat A joint à mon testament» et l'»Etat de l'argenterie» au 15 avril 1821 ; puis le quatrième codicille du 24 avril. Le brouillon du testament témoigne des versions successives des divers articles, parfois profondément remaniés ou corrigés. Il est daté : «Ce jourd'huy treize d'avril mil huit cent vingt un à Longwood isle de Ste Helène» (le jour a été ensuite corrigé en «15»). Il comporte quatre parties, la dernière étant raturée et remplacée par quelques lignes. La première partie, en 8 articles, résume les dispositions morales de Napoléon : «1°. Je meurs dans la religion [catholique rayé] apostolique et romaine dans le sein de la quelle je suis né il y a plus de cinquante ans. 2°. Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé ! 3°. J'ai toujours eu a me louer de ma très chère épouse [ces quatre mots ajoutés] Marie Louise. Je lui conserve jusqu'au dernier moment les plus tendres sentiments. Je la prie de veiller pour garantir mon fils, des embuches qui environnent encore son enfance. [cette phrase a été fortement corrigée] 4°. Je recommande à mon fils de ne jamais oublier qu'il est né Prince français et de ne jamais se pretter à être un instrument entre les mains des triumvirs qui oppriment les peuples de l'Europe, il ne doit jamais combattre ou nuire en aucune manière la France. Il doit adopter ma devise, [celle qui a conduit toute ma vie] Tout pour le peuple français. 5°. Je meurs prématurement assassiné par l'olygarchie anglaise, et son sicaire. Le peuple anglais ne tardera pas à me venger. [première version : assassiné par les restrictions captieuses de Lord Bathurst et par les mauvais traitements de son sicaire Sir Lowe. Comme chretien je leur pardonne.] 6°. Les 2 issues si malheureuses des invasions de la France lorsqu'elle avoit encore tant de ressources [ces 7 mots ajoutés] sont dues aux trahisons de Marmont, Augereau, Talleyrand, Lafayette. [Si les sénateurs romains se fussent conduits ainsi après Cannes, Rome eut fini alors ses destins ! rayé et remplacé par :] Je leur pardonne. Puisse la posterité française leur pardonner comme moi !»... Voir suite de la fiche descriptive lot suivant
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12/07/2004
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