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Lot no. 40
NAPOLÉON Ier. Manuscrit autographe. 3 pp. in 4 sur un bi-feuillet in folio découpé de papier anglais filigrané C. Cripps 1811 . Avec deux ajouts de la main de Louis Marchand, valet de chambre et secrétaire de Napoléon Ier à Sainte-Hélène, 5 et 7 lignes sur la première page. . UN RECIT HALETANT DE LA BATAILLE D'ARCOLE. Ces séquences narratives révèlent une version primitive des parties VII à IX du premier chapitre des Campagnes d'Italie dans les Mémoires pour servir à l'histoire de France sous Napoléon Ier, intitulé Bataille d'Arcole (Napoléon Ier, Correspondance, t. XXIX, 1869, pp. 189 à 194). Les éditeurs de 1869 ont travaillé d'après un manuscrit qui leur avait été communiqué par Napoléon III. ARCOLE, MANŒUVRE EMBLEMATIQUE DE LA PREMIERE CAMPAGNE D'ITALIE (15-17 novembre 1796). Alors que les Français bloquaient le maréchal Wurmser dans Mantoue et tenaient Vérone, deux autres armées autrichiennes convergeaient : l'une commandée par Davidovitch, descendue du Tyrol par le haut Adige et qui repoussait le général Vaubois, et l'autre commandée par Alvinczy, victorieuse de Masséna et Augereau à Caldiero le 12 novembre 1796. Bonaparte, en effectifs inférieurs, décida d'empêcher la jonction de ces deux armées et de se confronter d'abord à Alvinczy en faisant le pari que Vaubois tiendrait quelques jours contre Davidovitch. Il lança une manœuvre audacieuse de revers en direction des communications d'Alvinczy, situées à Villanova (près de San Bonifacio) de l'autre côté de l'Adige et de son affluent l'Alpone : il choisit ainsi d'attaquer en passant par un terrain marécageux près d'Arcole qui imposerait des combats par têtes de colonnes et réduirait l'avantage numérique de l'adversaire. Le 15 novembre, Bonaparte quitta donc Vérone et tenta la traversée de l'Alpone qui ne fut achevée que le 17 novembre, après des combats acharnés. L'épisode du pont d'Arcole, qui a inspiré tant d'artistes, dont le baron Gros, se situe dans la première journée : Bonaparte voyant les grenadiers d'Augereau reculer à deux reprises sous une mitraille de flanc, s'empara d'un drapeau et s'élança sur le pont pour les entraîner, mais l'affaire tourna mal et il se retrouva acculé dans les marais d'alentours. C'est une charge de ces mêmes grenadiers qui permit, dans des conditions extrêmes, de le sauver. Alvinczy parvint finalement à se retirer en bon ordre, mais, s'il échappa au piège stratégique de Bonaparte, la manœuvre française lui coûta de lourdes pertes et l'empêcha d'effectuer sa jonction avec Davidovitch. BONAPARTE SUR LE PONT D'ARCOLE : ... avait pris le drapeau , la colonne de N[apoléon] déjà arrivée au milieu du pont , ... Les soldats pris de flanc par fusillade , ni avancer ni reculer sans le gal , par les cheveux et le bras, l'entraînent dans la retraite au milieu de la fumée, vont se jeter dans la vase, le gal jusqu'au milieu du corps. À ce moment, les troupes n'appercevant le général en chef, arrivèrent au pas de course, repoussèrent l'ennemi au-delà du pont, et vinrent retirer le gal en chef. BONAPARTE S'OUVRE UN CHEMIN EN PLAINE : Cependant Alvinzi malgré ses pertes était instruit que le gal français avoit repassé l'Adige, se fiant au mouvement de son armée du Tyrol, et débouchait d'Arcole en grande force. Lorsqu'il vit les Français s'en approcher, il rapella les 75 régiments et menaçoit d'anéantir notre pont, mais le 32e fut mis en ambuscade dans un bois de saules ventre à terre, il se releva et après une décharge donna à la bayonnette et jetta dans le marais 3000 Croates qui l'avoit dépassé. Ils y périrent tous. Après-midi, Napoléon jugeant que les pertes de l'ennemi devoient avoir rétabli l'égalité, jetta un pont sur l'Alpon et entra en plaine, s'empara d'Arcole, y appuia sa gauche. L'aide-de-camp du gal en chef Eliot fut tué en réparant ce pont [Jacques Elliot, neveu du général Clarke]. ALVINCZY BAT EN RETRAITE : L'on vit les bagages, les parcs, les réserves de cavalerie pelle-mêle passer sur le petit pont de l'Alpon à Villa-Nova, l'infanterie les suivre en toute hâte et se placer en bataille, la droite à l'Alpon et la gauche dans la direction de Legnago, ayant sur ses derrières Montebello et Vicence. L'on vit même les bagages et les réserves continuer leur retraite et s'approcher de Montebello. APRES LA BATAILLE, BONAPARTE SOUCIEUX DE SES HOMMES : Arrivé à Villa-Nova, Napoléon s'arrêta pour avoir les raports de la poursuite de l'ennemi et de la contenance que faisait son arrière-garde. Elle était déjà à demie-chemin de Vicence, il entra dans le couvent de St-Boniface. L'église avoit servi d'ambulance, il y trouva 4 ou 500 blessés, la plus grande partie morts. Il recula d'horreur - il s'entendit appellé par son nom, 2 malheureux soldats français blessés étaient là depuis 3 jours au milieu des morts, sans avoir mangé ni été pansés. Ils désespéraient d'eux lorsqu'ils furent rapellés à la vie par la vue de leur général et tous les soins leur furent prodigués. DAVIDOVITCH, COUPE D'ALVINCZY, IGNORE TOUT : Il arrivait en marche pour rentrer à Véronne. À demie-chemin il rencontra un officier de l'état-major autrichien que Davidovitch envoyait à Alvinzi. Ce jeune homme se croyoit au milieu des siens. D'après ses dépêches il y avoit 3 jours que les ennemis ne s'étoyent communiqué. Davidovitch ignoroit tout. DANS SES AJOUTS, MARCHAND RACONTE DE SA MAIN COMMENT CE PASSAGE S'ECRIVIT : (L'emp[ereur] m'avait déjà dicté trois fois ce chapitre. Je le lui lisais pour la troisième fois. Arrivé à ce passage, il me le fit répéter, resta pensif un moment, puis dit ALLONS, IL FAUT TOUT DIRE et il me dicta la correction suivante. Il hésitait sans doute parce que c'était parler de lui.) Les grenadiers de la tête abandonnés par la queue hésitent. Ils sont entraînés dans la fuite, mais ils ne veulent pas se désaisir de leur gal. Il le prennent par les bras, les cheveux, les habits, et l'entraînent dans leur fuite. Au milieu des morts, des mourants, et de la fumée, N[apoléon] est précipité dans un marais, il y enfonce jusqu'à la moitié du corps, mais les officiers et les grenadiers s'apperçoivent que leur gal n'est point avec eux. Un crit se fait entendre, soldats, en avant pour sauver le gal. Les braves reviennent aussitôt au pas de course sur l'ennemi, le repoussent jusqu'au pont, et Napoléon est sauvé. Cette journée fut celle du dévouement militaire.
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Catalog
L'Empire à Fontainebleau
77300 Fontainebleau - France
06/05/2011

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