Lot no. 59
Népal, Vallée de Katmandou
Dynastie Malla, XVIe siècle
Exceptionnel masque de Bhairava, forme farouche de Shiva, constitué d’un assemblage de plaques en alliage de cuivre martelé, repoussé, doré et réhaussé de polychromie, représenté sous un aspect courroucé, les yeux et le troisième oeil de la clairvoyance exorbités, les lobes d’oreilles percés, la bouche entrouverte herissée de crocs et encadrée d’une moustache flammée de la meme manière que les sourcils, le visage encadré de nattes de cheveux herissées portant le croissant de lune s’élevant derrière une tiare à cinq fleurons ouvragés, dont l’un tripartite au centre, agrémentée de quatre têtes de citipatis liées par quatre serpents et d’une figure de Shiva au centre. Socle.
Dim. 47 x 53 cm
(Manques et usures)
Provenance
- Vente, The Kemper Collection of Himalayan Art, Christie’s, Amsterdam, 11 octobre 1994, lot 67
- Collection particulière, France (acquis au cours de la vente précédente)
Oeuvres en rapport
- Masque de Bhairava, Paris, Musée national des arts asiatiques-Guimet (Inv. MA 5941)
- Masque de Bhairava, Londres, Victoria & Albert Museum (Inv. IM.172-1913)
- Masque de Bhairava, New York, Metropolitan Museum (Inv. 2012.444.2)
- Masque de Bhairava, New York, The Rubin Museum of Art (Inv. C2005.16.14)
- Masque de Bhairava, Londres, Victoria & Albert Museum (Inv. IM.172-1913)
- Masque de Bhairava, Dallas, Museum of Art (Inv. 2000.322)
- Masque de Bhairava, Nepal, Collection particulière (Himalayan Art Ressources, n°58723)
- Masque de Bhairava, in. Vente, Arts d’Asie, Sotheby’s, Paris, 16 juin 2022, lot 63
Note
L’art du Népal occupe une place de tout premier plan dans le monde himalayen. S’il prend sa source en Inde, il conquiert rapidement son autonomie par le raffinement original de ses moyens d’expression et parvient a etendre sa réputation bien au-delà du territoire exigu où il voit le jour, jusqu’à susciter l’intérêt de la cour impériale de Chine. Au cours des festivités annuelles du Pachali Bhairabjatra et de l’Indrajatra, qui se tiennent a Katmandou a la fin du mois de septembre, des masques du dieu hindou Bhairava sont placés devant les temples et les habitations. De ces têtes de divinités, qui ne sont jamais portées par des officiants ou des danseurs, s’écoulent par des chalumeaux des flots de bière domestique et d’alcool de riz consommés par les dévots. Les masques sculptés sont emblématiques de l’art népalais. Notre masque de Bhairava, en alliage de cuivre doré, combine des techniques aussi variées que la sculpture, le martelage, le repousse et la polychromie. Par son ornementation, aussi abondante quue délicate, cette pièce est caractéristique de l’art newar de la vallée de Katmandou, particulièrement réputé pour la qualité de sa statuaire. Bhairava ("le terrible") ou Kalabhairava ("le terrible noir") est une épithète décrivant une forme destructrice et furieuse de Shiva. Les yeux exorbités, les crocs et les cheveux herissés sont caractéristiques de cet aspect courroucé, de même que les éléments ’iconographie macabre comme les têtes de citipatis. L’aspect flammé de sa pilosité et de sa chevelure renforce le caractère terrifiant du dieu. Selon les textes hindous, Bhairava est la forme que prit Shiva après avoir décapité l’originelle cinquième tête du dieu Brahma. Cette tête aurait alors traversé les cieux et atterri dans la vallée de Katmandou, la rendant fertile, ce qui explique que le culte de Bhairava soit si largement répandu au Nepal. Cette forme a été adoptée et réinterprétée par le bouddhisme tibétain sous la forme de Vajrabhairava.
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