Photo 1/1 du lot

Find similar lots for sale on Interencheres

Lot no. 129
Paire de canapés à dossier rectangulaire légèrement renversé en bois partiellement redoré sculpté de rosaces dans des losanges sur fond de plaques brettées ; les accoudoirs en forme de sphinges ailées, les ceintures légèrement cintrées, ils reposent sur trois pieds antérieurs en griffes de lion et trois pieds postérieurs arqués. L'un porte une ancienne étiquette manuscrite à l'encre “Madame la Marquise de Marbeuf grand salon” Par Georges JACOB (non signés) Vers 1789-1790 (Quelques éclats, restaurations) 104 x 170 x 62 cm Provenance : Grand Salon de l'Hôtel de la Marquise de Marbeuf à Paris Ces deux canapés font partie d'un ensemble réalisé entre 1788 et 1790 par Georges Jacob pour le Grand Salon de l'hôtel de la marquise de Marbeuf, situé 31 rue du Faubourg Saint-Honoré à l'emplacement actuel de l'Ambassade du Japon (1). Georges Jacob (1739-1814), d'origine bourguignonne, débute comme apprenti menuisier à Paris en 1755 puis devient compagnon chez le menuisier Louis Delanois. Il reçoit ses lettres de maîtrise en 1765 et fonde son propre atelier rue de Cléry, puis rue Meslée en 1775. Ses sièges se caractérisent par leur grande qualité, leur diversité et la grande créativité de leur forme. Son style novateur s'épanouit dans les sièges d'époque Transition, en alliant les formes Louis XV au répertoire décoratif à l'antique. Georges Jacob est le précurseur des sièges à dossier ajouré influencé par le style anglais de Chippendale et Hepplewhite. Il est également l'initiateur du style Directoire. Ces qualités en font l'un des fournisseurs privilégiés de la Couronne dont il reçoit un nombre important de commandes. Il compte parmi ses commanditaires : le Roi, la Reine, Monsieur frère du roi, le prince de Condé, le duc de Penthièvre et à l'étranger : le prince de Galles à Carlton House et l'électeur de Bavière. En 1796, il vend l'entreprise à ses fils Georges II et François-Honoré-Georges qui adoptent l'estampille “Jacob Frères”. A la mort de son fils aîné, il continue l'activité avec son fils François-Honoré-Georges. Cependant, en 1813 la société “Jacob Desmalter” fait faillite et Georges Jacob meurt ruiné l'année suivante à son domicile rue Meslée. Henriette-Françoise Michel, fille du Directeur de la Compagnie des Indes, épouse le marquis de Marbeuf, Colonel de dragons, en 1757. La marquise met fin à cette union en 1763 et s'installe dans l'hôtel particulier familial, rue du Faubourg Saint-Honoré, bâti en 1718 par Jacques-Ange Gabriel pour le Gouverneur de Versailles Louis Brouin. A la mort de ses parents (en 1769 et 1788), elle hérite de l'hôtel en indivision avec sa sœur la duchesse de Lévis. La marquise de Marbeuf entreprend alors d'importants travaux, qu'elle confie aux architectes Legrand et Molinos. Le rez-de-chaussée “à la révolutionnaire” est loué à Jean-Joseph Payen. Cet individu est à la fois son locataire, son homme de confiance et devient une forme d'intendant. Il est en ses périodes troublées obligé de se défendre comme en témoigne le mémoire qu'il publia : “En 1789 et 1790, époque pendant laquelle tous les travaux étaient suspendus (…) le citoyen Payen (…) se chargea de diriger et de faire exécuter les plans de décorations qui existent dans la maison de la citoyenne Marbeuf et de faire faire pour son compte particulier celles qui existent dans l'appartement qu'il loue d'elle. Tous les artistes de Paris, dans tous les genres, ont été employés à ces travaux, sans interruption, pendant ces deux années mémorables (…) La plupart des ouvriers ne quittèrent leur atelier que pour aller, par intervalle, attaquer et prendre la Bastille ou donner telle autre preuve de civisme de ce genre” (2). Le premier étage “à l'antique” est habité par la marquise. Le menuisier Georges Jacob réalise pour le Grand Salon un mobilier composé de douze sièges meublants comprenant ces deux grands canapés, six petits canapés et six grands fauteuils ; et des sièges en cabriolet soient : douze fauteuils et douze chaises. Le mobilier meublant dit à la reine (à dossier plat) est décrit en 1794 dans l'inventaire après décès de la marquise (3) en “(…) bois de forme antique à fond bretté et doré, les bras figurant des sirènes peintes en blanc et dorées (…) prisé ensemble 3.600 Livres”. Il est garni en “tapisserie de Beauvais à sujets sur les dossiers de figures d'histoire & fables en tableaux avec encadrements de fleurs, et sur les fonds des paysages en camaïeux sujets d'animaux & aussi encadrés de fleurs”. Un fauteuil, passé en vente à Monaco en 1977, conserve toujours sa tapisserie d'origine. (4) Cet ensemble est l'une des rares commandes influencées par le “goût grec” et le “goût égyptien” qui se retrouvent dans les dossiers arqués, les pieds postérieurs en sabre, venant directement des klimos grecs. Les pieds antérieurs en jarret de lion, le décor de feuilles de lotus et les accoudoirs en forme de sphinges coiffées de Némès royal agrémenté de bouclettes caractéristiques de la mode ptolémaïque témoignent du goût égyptien mis à la mode dès 1769 par Piranèse, bien avant les campagnes égyptiennes de Bonaparte en 1798, et posent les bases de ce que sera le mobilier Empire. C'est très vraisemblablement à l'ornemaniste Jean-Démosthène Dugourc que l'on doit attribuer le dessin de ces sièges. Jean Démosthène Dugourc (1749-1825) aurait été formé par le graveur Gabriel de Saint-Aubin. Un séjour en Italie et sa rencontre avec Winckelmann, théoricien du mouvement néoclassique, influenceront définitivement son goût pour l'antiquité. Il devient dessinateur du Cabinet de Monsieur le duc d'Orléans en 1780, puis dessinateur du Garde-Meubles de la Couronne en 1784. Dans les années 1780-90, Dugourc travaille pour toute l'Europe et en particulier en Espagne, comme architecte royal pour l'Escurial, le Prado, et le Palais d'Albe. Il revient en France à l'avènement de Louis XVIII en 1815 et reprend ses anciennes fonctions au Garde-Meubles jusqu'à sa mort en 1825. Le décor des appartements de la marquise de Marbeuf La marquise de Marbeuf décide de s'installer au premier étage de l'hôtel et de louer le rez-de-chaussée à Payen. Ses appartements de réception, composés de deux antichambres, deux salons et une salle à manger occupent la totalité du corps de logis entre cour et jardin, alors que ses appartements privés se trouvent dans l'aile en retour sur la cour d'honneur. Après avoir traversé le vestibule, le visiteur accède à l'étage par un grand escalier en acajou recouvert d'un tapis d'Aubusson à petits bouquets sur fond vert. Puis il traverse deux antichambres donnant sur la cour pour arriver au salon qui est flanqué à droite d'une salle à manger, et à gauche d'un second salon, ces trois pièces occupant toute la façade sur jardin. Situé au centre de la façade, le Grand Salon est décoré à l'antique comme le reste de l'hôtel. Ses croisées sont garnies de draperies à l'italienne en tapisserie de soie des Gobelins à mosaïque de fleurs sur fond bleu agrémentées d'une passementerie de couleur “puce” et doublées de satin blanc. Le motif des rideaux est repris sur le tapis d'Aubusson qui recouvre le sol. La cheminée en marbre blanc est ornée par deux pilastres en bronze doré en forme de trépied à sphinx, griffes de lion et chutes de ruban. Le salon est éclairé par un lustre à quatre lumières et par des candélabres placés aux quatre angles de la pièce. Ceux-ci reposent sur un piédestal triangulaire en forme d'autel antique orné de sphinx et de têtes de bélier, alors qu'au sommet ils sont couronnés par une lampe en cuivre doré représentant un ananas. Le Grand Salon ne comprenait que deux tables de jeux en acajou et deux ensembles de sièges recouverts de tapisserie de Beauvais (5) On retrouve ce décor antiquisant dans les boiseries du salon publié en 1801 par Krafft et Ransonnette (6) dont les analogies : plaques brettées, sphinges, laissent supposer qu'il s'agit de la même pièce. Un ensemble comprenant quatre fauteuils et deux causeuses fut exposé à Paris à la Biennale des Antiquaires en 1996 (7). En 1794, la marquise, dénoncée au Comité de Salut Public comme “traître” et “accapareuse”, est guillotinée, et sa sœur le sera aussi quelques mois plus tard. L'hôtel est alors mis sous séquestre avant d'être restitué aux héritiers puis vendu à Joseph Bonaparte et rasé en 1887. (1) Le Mobilier de la marquise de Marbeuf bénéficie d'une étude précise et détaillée réalisée par Bill G.B. Pallot et Catherine Faraggi in “Les sièges à l'Antique de la marquise de Marbeuf” L'Estampille-l'Objet d'Art n° 306, octobre 1996 (2) “De Dugourc à Pernon” Dossier du Musée Historique des tissus de Lyon, par Charles Baulez 1990 p. 23. (3) Archives Nationales, Minutier central Etude LXVIII/674 (4) Vente Monaco le 3 mai 1977 n° 70. (5) Archives Nationales, Minutier central Etude LXVIII/674 (6) Krafft & Ransonnette, “Plans, coupes, élévations des plus belles maisons et des hôtels construits à Paris et dans les environs”, Paris 1801-1802, planche 81. (7) Galerie Aveline.
Pictures credits: Contact organization
Classic furniture
About the sale
Catalog
06/20/2006
Offered by Artcurial
33 (0)1 42 99 20 20

Find similar lots for sale on Interencheres

See more lots for sale on Interencheres
Value:€1,000 - €1,500
Live
06/07/2026
Offered by ROUILLAC
Value:€900 - €1,200
Live
06/05/2026
Offered by Guyenne Enchères
Value:€200 - €300
Timed
Offered by De Baecque et Associés - Lyon-Villeurbanne
Value:€2,500 - €3,000
Live
06/07/2026
Offered by ROUILLAC
Value:€2,000 - €3,000
Live
06/07/2026
Offered by ROUILLAC
Value:€1,150 - €1,200
Live
06/06/2026
Offered by Minerve Enchères
Value:€2,500 - €3,500
Live
06/07/2026
Offered by Le Floc'h Maison de ventes
Value:€150,000 €180,000
Live
06/07/2026
Offered by ROUILLAC
Value:€600 - €800
Live
06/06/2026
Offered by Minerve Enchères
Value:€200
Live
06/05/2026
Offered by ERA ENCHERES Maître GUILLAUMOT
Value:€4,000 - €6,000
Live
06/07/2026
Offered by ROUILLAC
Value:€3,000 - €4,000
Live
06/07/2026
Offered by ROUILLAC
Value:€8,000 - €12,000
Live
06/06/2026
Offered by Saint Paul Auction
Value:€17,000 - €19,000
Live
06/07/2026
Offered by Maître Denis HERBETTE
Value:€45 - €50
Live
06/05/2026
Offered by PHIDIAS
Value:€9,000 - €11,000
Live
06/07/2026
Offered by ROUILLAC
Value:€8,000 - €10,000
Live
06/07/2026
Offered by Maître Denis HERBETTE
Value:€2,000 - €3,000
Live
06/08/2026
Offered by ARTUS ENCHERES | SELARL ALLEMAND NGUYEN-HONG
Value:€200 - €400
Live
06/06/2026
Offered by HDVM Hôtel Des Ventes Mazzella
Value:€5,000 - €8,000
Live
06/07/2026
Offered by ROUILLAC
Value:€1,000 - €2,000
Live
06/09/2026
Offered by TAJAN
Value:€2,000 - €3,000
Live
06/08/2026
Offered by ARTUS ENCHERES | SELARL ALLEMAND NGUYEN-HONG
Value:€6,000 - €12,000
Live
06/06/2026
Offered by HDVM Hôtel Des Ventes Mazzella
Value:€2,000 - €4,000
Live
06/07/2026
Offered by ROUILLAC
Value:€3,000 - €5,000
Live
06/04/2026
Offered by FOURNIÉ & CORTÈS
Value:€30,000 - €40,000
Live
06/07/2026
Offered by ROUILLAC
Value:€10,000 - €20,000
Live
06/06/2026
Offered by HDVM Hôtel Des Ventes Mazzella
Value:€2,500 - €5,000
Live
06/06/2026
Offered by HDVM Hôtel Des Ventes Mazzella
Value:€10,000 - €15,000
Live
06/07/2026
Offered by ROUILLAC
Value:€2,000 - €3,000
Live
06/08/2026
Offered by ARTUS ENCHERES | SELARL ALLEMAND NGUYEN-HONG