Lot no. 65
PAIRE DE CANDÉLABRES À CINQ LUMIÈRES À LA FIGURE D'ISIS
Attribué à Martin-Éloi LIGNEREUX (1752-1809)
Paris, début du XIXe siècle
MATÉRIAUX
Bronzes patinés, dorés et marbre rouge Griotte
H. 80,5 cm, L. 33 cm, P. 23 cm
Chaque candélabre est formé de la figure d'Isis, déesse protectrice et salvatrice de la mythologie égyptienne, ciselée en ronde-bosse en bronze patiné dans une position hiératique, flanquée de deux serpents ailés en bronze doré supportant chacun un binet évasé.
La déesse est coiffée d'un vase à masque de lion, ponctué d'un croissant de lune et d'un binet conique.
Ce vase apparaît au centre de deux accolades à têtes de bélier ornées de motifs hiéroglyphiques supportant chacune un binet identique, accolades sur lesquelles viennent reposer les serpents.
L'ensemble repose sur un piédestal à ressauts de section carrée en marbre rouge Griotte enrichie de bas-reliefs en bronze doré à motifs égyptiens.
Une paire de candélabres similaires est aujourd'hui conservée dans les collections du Musée Marmottan à Paris.
Le modèle est attribué à Martin-Eloi Lignereux (1752-1809) qui en vendit une paire en 1803 à Thomas Bruce (1766-1841), VIIe comte d'Elgin et ambassadeur britannique à Constantinople (vente collection de Lord Bruce, Sotheby's Londres, 31 mai 1962, lot 62).
Une paire de ce modèle fit également partie de la collection de Lord Geoffrey Lloyd. Elle fut vendue à Londres
En 1985 (vente Sotheby's Londres, 5 juillet 1985, lot 205).
Deux autres modèles similaires sont apparus sur le marché de l'art en 2001 et 2005. Né en 1752 à Cuvilly, dans le Valois, Martin-Eloi Lignereux s'était associé sous Louis XVI avec Dominique Daguerre (vers 1740-1796), célèbre marchand mercier et orfèvre établi rue Saint-Honoré, au côté duquel il livra nombre de fournitures au Mobilier de la Couronne. Après la retraite de Daguerre vers 1793, Lignereux conserva un temps le magasin de la rue Saint-Honoré, puis décida de s'établir au n° 2 de la rue Christine, « près celle, ci-devant Dauphine, où il continue toujours le même commerce en meubles et bronzes en tous genres. L'on trouvera dans son magasin une collection de meubles les plus recherchés, tels que commodes, secrétaires, consoles, bureaux, tables à thé et autres d'un goût nouveau, ornés de porcelaine, camée, richement décorés de bronzes au mat ». Il exploita ensuite un magasin situé au 44 rue Vivienne, en face de la rue Colbert, vendant des bronzes exécutés par Thomire, des cristaux, des porcelaines et des meubles créés par lui, puis s'installa au 41 de la rue Taitbout, en septembre 1803. Marié avec Anne-Henriette Demilliville, il eut une fille, Adélaïde-Anne, qui avait épousé, le 14 mars 1798, le cadet des frères Jacob, François-Honoré-Georges (1770-1841).
Sous le Directoire et le Consulat, Lignereux n'eut de cesse de rivaliser avec son gendre dans la fabrication de meubles précieux. Lors de l'Exposition des produits de l'industrie de l'an IX (1800), le jury ne sachant qui choisir entre lui et les frères Jacob pour l'attribution de la médaille d'or, décida finalement de leur décerner en commun cette prestigieuse récompense. Lignereux semble ne jamais avoir estampillé ses meubles qu'il ne produisit qu'en très petite quantité, des meubles ainsi que des bronzes toujours extrêmement riches et vendus à des prix très élevés.
Le 22 novembre 1804, il céda finalement son fonds de commerce à Thomire et Duterme, s'engageant à leur laisser toutes ses marchandises. Il mourut à Paris le 31 janvier 1809.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Denise Ledoux-Lebard, Le Mobilier français du XIXe siècle, 1795-1889, Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers, Paris, 1989, p. 437-439
A PAIR OF FRENCH CONSULAT GILT
AND PATINATED BRONZE CANDLESTICKS
WITH AN ISIS FIGURE
Attributed to Martin-Eloi LIGNEREUX (1752-1809)
80.5 cm high, 33 cm wide, 23 cm deep
Pictures credits: Contact organization
Sculpture and bronzes
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