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Lot no. 52
Pascal François GERARD dit BARON GERARD (Rome 1770-Paris 1837) Etude pour le cheval de l'Entrée d'Henri IV à Paris le 22 mars 1594 Sur sa toile d'origine et son châssis d'origine 79 x 63 cm Traces d'inscription (illisible?) à droite au crayon Deux étiquettes anciennes en bas, à gauche, avec des numéros : L/13/27 pour l'une et 153 ou 155 pour l'autre. Accidents Provenance : Ancienne collection du Comte et de la Comtesse Foy, fille du Baron Henri Gérard, lui-même neveu et héritier du Baron François Gérard, puis par descendance. Œuvres en rapport – Le Cheval Blanc de Montmorency, 1794, enseigne de l’auberge du Cheval Blanc à Montmorency, panneau, 71 × 52 cm, 1794, non localisé, gravé par Charles BAZIN en 1854 (cf. Henri GÉRARD : – Œuvre du baron François Gérard, Vol. III (Paris, 1857), catalogué dans les esquisses et repr.). – L’entrée d’Henri IV, dans la ville de Paris, en 1594, toile, 510 × 958 cm (dépôt du Louvre au musée du château de Versailles où il est exposé dans la galerie des batailles, Salon de 1817). – L’entrée d’Henri IV à Paris, le 22 mars 1594, crayon sur papier, 22,2 × 38,3 cm, Musée du Louvre, Paris (dessin mis au carreau). – L’entrée d’Henri IV à Paris, le 22 mars 1594, esquisse, toile, 61 × 134 cm (donné par Gérard à la duchesse de Berry). – L’entrée d’Henri IV à Paris, le 22 mars 1594, 173 × 325 cm, signé en bas à gauche : F. Gérard., dépôt du Louvre au musée de Chartres (réplique autographe du tableau du Salon de 1817, commandée par Charles X, vers 1829-1830). L’esquisse que nous présentons, inédite, est restée jusqu’à ce jour dans la descendance de l’artiste. Elle est à rapprocher d’une enseigne rapidement peinte par le baron Gérard au début de sa carrière, celle de l’auberge du Cheval blanc à Montmorency. Les deux tableaux sont comparables par le bas du corps orienté dans la même direction quand ils diffèrent par leur robe et leurs têtes orientées dans les directions opposées. Henri Gérard, neveu et héritier du baron Gérard, acquiert l’objet à la vente de tableaux modernes résultant de la faillite de Frédéric Humbert 1 (lot 44 – GÉRARD (baron) : « Au Cheval Blanc » / L’enseigne de l’auberge du Cheval Blanc ; des deux côtés, on voit un cheval blanc : ici à l’écurie, là en liberté et piaffant/Au moment où l’on semble vouloir faire renaître la mode des enseignes, celle-ci est pour le moins curieuse, au double point de vue de l’art et de la signification/ Haut., 71 cm, Larg., 52 cm). Il attache suffisamment d’importance à cette œuvre de faible valeur marchande (l’adjudication est de 1 650 fcs) pour en faire graver les deux faces par Charles Bazin (1803-1859), peintre et lithographe qui travailla dans l’atelier du baron Gérard et l’inclut dans son Œuvre du baron Gérard 2 dans les esquisses peintes, la datant de 1794 quand le peintre ne portraiture encore que famille et amis, « LE CHEVAL BLANC DE MONTMORENCY (1794) ; H. : 0,75 m, l, 55 m – Gérard avait habité l’auberge de Leduc, à Montmorency, pendant qu’il faisait des études de paysage pour le Bélisaire ; il voulut laisser à son hôte un souvenir, qui contribua plus tard à la fortune de celui-ci. En effet, lorsque la réputation de l’auteur du Bélisaire commença à grandir, toutes les personnes qui allaient à Montmorency voulaient voir la double enseigne peinte par Gérard, et dont Leduc exposait rarement l’original. Ceux qui avaient demandé à la voir ne pouvaient se dispenser de faire à l’hôtel du Cheval blanc le repas qui termine les promenades à Montmorency. Je dois dire aussi que j’ai souvent entendu parler de la reconnaissance de la famille Leduc. ». Il la mentionne également dans son édition des Lettres adressées au baron Gérard : « Fragments de tableaux, ébauches et esquisses peintes… Le Cheval Blanc de Montmorency (1794). Double enseigne peinte et offerte par Gérard à l’aubergiste Leduc ».3 En 1992, le propriétaire de l’auberge du Cheval Blanc de Montmorency décroche l’enseigne de son établissement, copie de l’enseigne originale et fait don de cette célèbre image au musée Jean-Jacques Rousseau de la ville. C’est pour répondre à une commande de Louis XVIII que le baron Gérard réutilise le motif. En 1816 le roi lui commande en effet une composition pour remplacer la Bataille d’Austerlitz qu’il avait peinte sous l’Empire pour le plafond de la salle du Conseil d’État au palais des Tuileries. Ils s’accordent sur une iconographie qui est un véritable manifeste politique et le tableau, absent à l’ouverture du Salon y entre le 8 juillet 1817, date anniversaire du retour sur le trône de Louis XVIII. L’événement est ainsi clairement associé à l’acte fondateur de la dynastie des Bourbon, l’entrée d’Henri IV à Paris en 1594. Sans doute le baron Gérard ne souhaite-il pas que son œuvre passe inaperçue sur un plafond, il la fait plus grande que celui-ci (510 × 958 cm) ! Elle est donc exposée dans la salle des Sept cheminées au Louvre où elle reste jusqu’en 1834 avant de rejoindre le musée de l’histoire de France voulu par Louis-Philippe au château de Versailles où elle se trouve toujours. Le cheval que monte le roi n’est autre que celui de l’auberge de Montmorency, inversé et harnaché. Henri IV, après avoir abjuré le protestantisme et s’être fait sacrer à Chartres entre dans Paris. Le tableau connaît immédiatement un succès considérable et consacre la carrière de l’artiste, lui valant les titres de baron et de premier peintre du roi. Toussaint-Bernard Émeric-David (1755-1839) dans son compte rendu du Salon pour Le Moniteur universel en parle ainsi : « C’est dans une vaste machine que M. Gérard a retracé l’action qu’il avait à peindre… Lorsque la peinture ne se borne point à rappeler un simple souvenir, lorsqu’elle veut placer réellement sous nos yeux un événement important de notre histoire, produire de vives émotions, développer toute sa puissance, ce sont ces proportions-là qu’elle doit adopter. Elles présentent des difficultés particulières, par la correction rigoureuse qu’elles exigent dans le dessin, par la richesse, la vigueur, l’harmonie et la vérité qu’elles demandent dans le coloris. On admire, on aime Henri IV dans ce portrait, parce qu’on croit le voir lui-même… Toutes les figures se meuvent, toutes les têtes semblent parler. L’ensemble du coloris n’offre pas des tons très éclatants ; il est grave, mâle, et suivant l’expression des artistes, il est solide. Les blancs y sont très ménagés ; le rouge n’y est employé qu’avec réserve. La cuirasse grise du Roi, son cheval isabelle, à crinière blanche, son cordon-bleu, associé à l’écharpe blanche, et servant à en mitiger l’éclat par ses reflets, forment la masse la plus claire. Un grand nombre de figures sont des portraits… À la droite du Roi est Crillon, portant l’étendard royal, et auprès de Crillon, Montmorency, en qui nous croyons trouver le portrait d’un de ses descendants. Les chevaux sont d’un beau style ; la tête, notamment de celui que monte le Roi, est vivante et pleine de fierté. Relever la vigueur du pinceau proprement dit, ce serait rappeler un genre d’habileté dont M. Gérard est depuis longtemps en possession… ».4 Cette étude de cheval illustre la méthode du peintre qui « arrêtait ses compositions en établissant de sa main sur la toile le dessin et l’effet par une première ébauche ». Plusieurs esquisses réapparues ces dernières années confirment ce récit de Mme Godefroid 5, sa plus fidèle collaboratrice. On y constate le même souci de mise en teinte d’un dessin préalable. Nous pouvons citer l’Autoportrait acquis par le musée de Versailles en 2011 (toile, 66 × 55 cm) qui présente une similitude de coloris dans le fond et une même touche alerte. La main qui tient ici le crayon, pleine d’énergie est celle d’un peintre au métier sûr et accompli, qui s’engage avec détermination dans la réalisation d’une œuvre qui deviendra une icône de l’histoire de France. 1. Vente faillite Humbert, Paris, galerie Georges Petit, Mes Motel, Lantiez et Lair-Dubreuil, 20 et 21 juin 1921- Catalogue des tableaux modernes, pastels et aquarelles, 1° vente. 2. Henri Gérard : OEuvre du baron François Gérard, Troisième et dernière partie. Esquisses peintes, tableaux ébauchés, compositions dessinées,. (Paris, 1857). 3. Henri Gérard : Lettres adressées au baron François Gérard, peintre d’histoire, par les artistes et les personnages célèbres de son temps. Vol. 2/2e éd., . précédée d’une notice sur la vie et les oeuvres de François Gérard, et d’un récit d’Alexandre Gérard, son frère, p. 399. 4. T. [Émeric-David Toussaint-Bernard], Beaux-arts. Salon. Dixième article in « Le Moniteur universel », 19 juillet 1817. 5. Cité par Charles Lenormant in François Gérard, peintre d’histoire, essai de biographie et de critique, Paris, 1847, p. 162.
Pictures credits: Contact organization
Drawings, watercolours and pastels
About the sale
Catalog
Vente de Prestige
75009 Paris - France
12/18/2015
Offered by KÂ- MONDO / KAPANDJI MORHANGE
01 48 24 26 10

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