Lot no. 223
PENDULE AUX CHINOIS en marqueterie de cuivre et d'ecaille de forme violonee presentant un impressionnant decor de bronzes ciseles et dores.
Deux dragons ailes ornent les pieds arriere et deux chinoises forment les pieds avant, le culot central a motif de feuilles entrelacees est surmonte d'un branchage de feuilles.
Des enroulements courent tout autour de la pendule pour se terminer dans la partie haute par un bronze representant une tete de dragon surmontee d'un chinois assis sur un rocher tenant une ombrelle.
Mouvement signe sur la platine arriere HENRY BALTHAZAR PARIS
Le cadran indique les heures, les minutes et le petit cadran central est celui du reveil.
Epoque Regence, vers 1730
H 80, L 35 cm
Bibliographie: A.Pradere, Le maitre aux pagodes, un ebeniste mysterieux, in L'Estampille/Objet d'art, mars 1992, pp. 22-44
Henry Balthazar, mort en 1752, maitre a Paris, horloger de Mesdames, filles de France, etabli rue de la Calandre en 1708, et rue du Harlay en 1726, fait partie d'une des plus celebres dynasties d'horlogers comptant
dix huit horlogers sur quatre generations.
L'absence quasi generale d'estampille sur les meubles de la Regence et du debut de l'epoque Louis XV ne permet pas de faire des attributions en toute certitude. Certains ateliers ont ete redecouverts dans la derniere decennie: Noel Gerard, Doirat, Lieutaud, etc, mais beaucoup restent a decouvrir
comme les fils de Boulle ou le maitre aux pagodes.
Cette pendule s'inscrit dans ce contexte.
Un certain nombre d'elements concourent a attribuer
cette pendule au maitre des pagodes, en particulier les dragons ailes formant les pieds et la tete de dragon surmontee d'un chinois a l'ombrelle.
Le motif du dragon tres present dans la sculpture decorative a vu son image ravivee par plusieurs representations gravees dans les ouvrages dus aux peres missionnaires du XVII° siècle, mais il semble avoir connu une multiplication peu commune apres la parution de l'ouvrage du pere Louis de Comte «Nouveaux
memoires sur l'etat present de la Chine» en 1696.
Toutefois, il faut remarquer que la branche de feuilles qui se deploie sur la vitre juste en dessous du cadran est d'une facture presque identique a celle qui orne les cotes du bureau dit de Vergennes estampille Jacques Dubois (conserve au Louvre). Jacques Dubois etait le demi-frere de Nicolas Gerard, le celebre marchand mercier. On peut supposer que Jacques Dubois travailla dans l'atelier de Noel Gerard qui comptait sept etablis, et surtout un enorme stock.
Decede en pleine activite en 1736, on compte 80 pendules dans les pieces d'ebenisterie recensees.
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