Lot no. 312
Présent de l’impératrice Marie-Louise à l’une de ses dames d’honneur. Précieux nécessaire à ouvrage par Martin Guillaume Biennais. Coffret en loupe d’amboine, orné sur le couvercle d’un bas relief rectangulaire en argent ciselé représentant « les noces Aldobrandines », d’après le graveur général des monnaies de France, « Dupré », encadré d’une frise de feuilles de laurier enrichie de six fleurettes. Pourtour à décor incrusté de palmes, fleurs et rinceaux feuillagés, en argent découpé et incrusté. Bords renforcés et protégés par des baguettes en argent. Onglet à décor d’une urne, de rinceaux et de flèches et serrure décorée en suite de rinceaux en argent incrusté. Platine de serrure en argent signée « Biennais Paris ». Clé à trêfle. Ouvert, il présente : Dans le couvercle, une glace au mercure dans un encadrement en acier poli glacé à décor d’une suite de perles en acier. L’intérieur en acajou comprend trois compartiments dont deux amovibles. La partie fixe contient : deux dévidoirs sur pieds, deux petits métiers à dentelle, quatre fusettes en forme de légion d’honneur, six bobines et un porte épingles recouvert de velours rouge. L’ensemble en acier poli glacé. L’un des plateaux amovibles contient : - une petite paire de ciseaux ,en or et acier poli, ciselée de fleurs, feuillages et têtes d’Hermès, - un compas en vermeil et acier à bras à pointe. Bras de rallonge, bras pour l’encre et bras porte crayon, - deux flacons en cristal taillé à pointes de diamant, à bouchon à vis en or ciselé de fleurs, - une mesure de deux pieds pliante, en nacre et or, à sept bras. Le second plateau amovible contient : - une grande paire de ciseaux en or ciselée de feuillages, - une navette en or à décor de personnages, palmes, éventails et torchères, - une petite boite à senteurs, - un dé, - deux petits métiers à dentelles à manches en nacre sculptés de palmettes et à griffes en or, - une alène, un crochet, trois bras à crochet et porte-plume avec deux rallonges, - et un étui à aiguilles pouvant faire cachet. L’ensemble en or ciselé rehaussé de filet d’émail bleu nuit et bleu ciel pour le dé. En dessous des plateaux amovibles : - un espace de rangement et une petite boite à secrets à couvercle coulissant, - un autre système à secret permet de retirer entièrement l’intérieur et de libérer un espace discret sur la totalité du fond. Certaines pièces avec poinçon tête de coq, poinçon de petite recense, poinçon d’orfèvre « PQ » (Pierre François Queillé, La Coutellerie, 151 rue Saint Martin – 5 rue Feydau, 1811). L’ensemble de 35 éléments en très bon état. (manque un petit ciseau de brodeuse logé en dessous du grand ciseau, une tige d’un des métiers à souder, fèles au fond et des angles inférieurs du coffret). A l’intérieur, un morceau de parchemin manuscrit : « Nécessaire exécuté par Biennais, orfèvre de Napoléon Le Grand. Cette boîte en bois d’amboine, marquetée d’argent et ornée sur le couvercle d’un bas relief en argent représentant des femmes grecques. Elle est garnie intérieurement de pièces en or ciselé et de pièces en acier ciselé. Les pièces pour les mathématiques sont en argent doré. Ce nécessaire a été offert par Marie-Louise à l’une de ses dames d’honneur, Paris, ce 25 mars 96 ». Signé E. Gandouin, expert, 70 Faub. Saint Honoré. « Ce nécessaire provient de la famille Radziwill ». (Ernest Gandouin, expert. Cabinet fondé en 1867, il a dirigé plusieurs ventes publiques à Paris et en province.) De plus, une étiquette manuscrite de l’« Exposition de 1900. Grand Palais. Champs Elysées. A figuré à l’exposition Universelle 1900 ». M. Frank Bernard. Exposition centeniale n°2911, page 213 du catalogue officiel. Lemercier. Et enfin, La célèbre étiquette polychrome que portait tous les objets de la collection Bernard Franck, avec le numéro 20, vitrine 6 et 6 bis. Larg. : 15,3 cm. Long. : 26,1 cm. Ht. : 7,1 cm. Références: Catalogue 1ère vente Bernard Franck 23 Février 1935. n°260. Adjugé 17400 Francs Martin-Guillaume Biennais (1764 - Paris,1843). Connu en tant qu'orfèvre de Napoléon Ier, Biennais reçut initialement une formation de tabletier (travail de l'ivoire, de la corne, de bois durs et précieux pour réaliser des éventails, des pièces et plateaux d'échiquier,...). Venu à Paris après 1785, il y rachète en avril 1788 le fonds de commerce de tabletterie de la veuve Anciaux au 510 de la rue Saint- Honoré. Le 12 septembre 1788, il est reçu maître tabletier. Son affaire prospère et il acquiert une seconde boutique qu'il baptise « Au Singe violet» (119 rue Saint-Honoré puis au 283). En 1791, la suppression de la corporation des tabletiers lui permet d'élargir ses activités: il se lance dans l'orfèvrerie et la petite ébénisterie. Déjà orfèvre et tabletier du consul Bonaparte, il devient son orfèvre attitré lorsque celui-ci est sacré empereur. Il lui livre dans un style néoclassique inspiré de Percier, de l'orfèvrerie, des nécessaires de voyage et du petit mobilier (tables de jeu, athéniennes, médailliers, serre-papier...). Les commandes prestigieuses abondent. En 1804, il exécute les Regalia du sacre de Napoléon et en 1805 ceux du couronnement de Milan. Il approvisionne toutes les cours européennes (Bavière, Russie, Wurtemberg...) mais surtout il a l'exclusivité des fournitures pour la table impériale (les services à thé de Joséphine puis de Napoléon Ier, des services en argent, un service dit «vermeil ordinaire» ainsi qu'un service de dessert en vermeil). En 1806, il remporte une médaille d'or à l'exposition des Produits de l'industrie. La chute de l'Empire freine son activité. En 1819, il reçoit à nouveau une médaille d'or pour un grand vase en vermeil et la même année, il vend son fonds et se retire. Augustin Dupré (1748- 1833), dessinateur, graveur en monnaies et médailles. Il débute sa carrière comme graveur à la Manufacture royale d'armes de Saint-Étienne, avant de partir pour Lyon puis Paris. C'est seulement vers 1770 qu'il apprend la gravure sur médailles. Entre 1777 et 1782, il suit l'enseignement de Jean-Antoine Houdon à l'Académie royale de peinture et sculpture. Nommé graveur général des Monnaies en 1791, il occupera ce poste jusqu'en 1803. Pour le dessin original des «Noces», voir la vente Osenat du 10 juin 2012, n°196. Les trois plaques en étain, dont celles des «Noces Aldobrandines», sont conservées au Musée de Saint Etienne et exposées au Musée Carnavalet en 2000. Les Noces Aldobrandines sont une célèbre peinture murale de l'époque du règne d'Auguste découverte en 1601 sous le pontificat de Clément VIII et qui représente une scène nuptiale. Oeuvres en rapport: - Nécessaire de coutûre de l'impératrice Marie-Louise à la Fondation Glauco Lombardie à Parme. - La boîte à thé du service de l'empereur Napoléon Ier conservée au Louvre possède le motif de Dupré, tout comme la théière du Tsar Nicolas Ier
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L'Empire à Fontainebleau
77300 Fontainebleau - France
04/12/2015