Lot no. 146
QUART DE CERCLE HORIZONTAL ET VERTICAL à LUNETTE DE VISEE Par Charles Adrien DUBOIS (1737-1777) Paris, époque Louis XV Matériau : Laiton gravé Signé et marqué Aux Génies à Paris H. 72 cm, L. 52 cm, P. 39 cm Provenance Ancienne collection d'Abel-François Poisson de Vandières, Marquis de Marigny, Directeur Général des Bâtiments du Roi de 1751 à 1773 Cet exceptionnel instrument scientifique en laiton présente une lunette de visée fixée dans l'axe central du quart de cercle muni de mollettes et d'un système de graduations. Un ensemble d'éléments de forme carrée et en ogive s'imbriquent perpendiculairement au quart de cercle. Il porte la signature Charles Adrien Dubois et la marque « Aux Génies à Paris ». Ce curieux objet n'a pu nous livrer son secret d'utilisation et n'est connu à ce jour que par sa description qui en a été faite dans le catalogue de la vente du Marquis de Marigny du 18 mars 1782 : « un quart de cercle horizontal et vertical des ateliers de Charles Adrien Dubois «. Son auteur, Charles Adrien Dubois, Ingénieur, fit son apprentissage chez Pierre Bernier (1779-1803), astronome puis chez Louis Charles Desnos (1525-1805), fabricant de globes. Reçu Maître en 1762, il s'installe dans l'Ile de la Cité où sont réunis les fabricants d'objets scientifiques, sous l'enseigne « Aux Génies » et fut membre de la corporation des « Fondeurs-mouleurs, ingénieurs et fabricants d'instruments de mathématiques, de globes et de sphères ». Il travailla pour l'Académie des Sciences et fabriqua des instruments inventés par César-François Cassini III de Thury (1714-1784), Directeur de l'Observatoire et Conseiller du Roi. Ce dernier est célèbre pour avoir édité une carte de France en 180 feuillets d'une telle précision qu'elle fut utilisée jusqu'à la fin du XIXe siècle. Concepteur d'instruments scientifiques et de mathématiques issus de ses travaux à l'Académie, il les fit réaliser par Charles Adrien Dubois. Leurs relations commerciales sont connues par une mention dans l'inventaire après décès de Dubois « un autre registre intitulé Etat de ce que j'ai fait livré à M. Cassini de Thury sur lequel le defft (sic) inscrivait journellement les fournitures qu'il faisait au Sr Dethury avec les notes des acomptes et paiements qu'il faisait «. Fondée en 1666 par Colbert, l'Académie des Sciences fut l'instrument national de la Science Officielle. Aux académiciens, le pouvoir royal confère protection contre l'appropriation du prestige des découvertes. L'engouement pour les sciences telles que l'astronomie, la botanique, la zoologie, l'expérimentation agricole ou la médecine se développa tout au long du XVIIIe siècle, surtout sous Louis XV et Louis XVI. En 1729-1730, une bibliothèque est établie pour Louis XV à partir des ouvrages de ses ancêtres complétée par de nombreuses publications relatives aux sciences. Parallèlement, les Princes de sang, la Marquise de Pompadour, Madame Adélaïde, le Comte de Provence possèdent des bibliothèques personnelles dont une partie est consacrée aux sciences. Les courtisans eux-mêmes s'intéressent à tous ces domaines d'expérimentation. Pour n'en citer que quelques exemples, le Duc de Chaulnes (1714-1769), membre honoraire de l'Académie des Sciences En 1743, conçut un demi-cercle astronomique muni de lunettes achromatiques utilisé par le Roi en présence de Cassini; le Duc de Croÿ (1718-1784) testa le grand télescope de Noël à la Muette; la Marquise du Chatelet (1706-1749) publia ses Institutions de physique qui firent grand bruit car en opposition aux théories du secrétaire de l'Académie Dortous de Mairan et enfin le Marquis de Marigny (1727-1781), frère de la Marquise de Pompadour, qui fut un grand collectionneur « de toutes les merveilles du monde » et notamment d'instruments scientifiques. Après la mort de celui-ci fut organisée en 1782 la vente aux enchères de ses collections où furent dispersés tableaux, argenterie, lustres, mobilier et instruments scientifiques dont des globes de Coronelli et « un quart de cercle horizontal et vertical des ateliers de Charles Adrien Dubois ». Notre instrument faisait donc partie de la collection personnelle d'Abel François Poisson, Marquis de Marigny et fut conçu par Charles Adrien Dubois, sur un modèle pensé par Cassini III de Thury. Compte tenu des relations privilégiées entre ce dernier et Louis XV, cet objet pourrait avoir été un cadeau fait au Marquis par Louis XV ou par la Marquise de Pompadour. Quant à sa destination, nous ne pouvons évoquer aucune hypothèse, aucun instrument de ce type ne figurant dans les collections muséales ou privées qui aurait pu nous éclairer. Références bibliographiques Jean-Dominique Augarde, La Fabrication des Instruments Scientifiques du XVIIIe siècle et la Corporation des Fondeurs, in Studies in the History of scientific instruments, publié par Christine Blondel et autres, éd. Roger Turner Books, Londres, 1989 Collectif, Sciences et curiosités à la Cour de Versailles, catalogue d'exposition du 25 octobre 2010 au 3 avril 2011, Château de Versailles, éd. R.M.N., Paris, 2010
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Curiosities and natural history
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75008 Paris - France
09/15/2012
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(33) 1.44.18.73.00