Lot no. 129
Rare assiette du service dit « des quartiers gĂ©nĂ©raux » « Tente de l’empereur dans l’Ile de Lobau en 1809 » Rarissime assiette de SĂšvres du service particulier de l’Empereur dit « des Quartiers gĂ©nĂ©raux » , emmenĂ©e par l’empereur NapolĂ©on Ier lors de son exil Ă  Sainte-HĂ©lĂšne. Marli ornĂ© d’une frise de glaives reliĂ©s par une suite de feuilles de laurier et enrichie d’étoiles, sur fond vert de chrome. Centre peint par SWEBACH reprĂ©sentant le bivouac avec les tentes de l’Empereur, entourĂ©es de nombreux personnages Ă  pied et Ă  cheval. Au dos, au chiffre « LL » entrelacĂ©s et numĂ©rotĂ© « N°14 ». Diam. : 23,6 cm. B.E. Travail de la Manufacture impĂ©riale de SĂšvres. Vers Mars 1810. Historique : PayĂ© 65 449 francs, le service particulier de l’Empereur comportait outre un surtout de table en biscuit et un cabaret Ă  cafĂ©, un service Ă  entrĂ©e et dessert dans lequel on retrouve les 72 assiettes Ă  dessert dites « des Quartiers gĂ©nĂ©raux ». Celle ci coĂ»te 425 francs, ce qui est un record pour l’époque. Les instructions de NapolĂ©on reprises par Daru Ă©taient que « que parmi ces dessins, il n’y ait point de bataille ni de noms d’hommes mais qu’au contraire, les sujets n’offrent que des allusions trĂšs indirectes qui rĂ©veillent des souvenirs agrĂ©ables ». Sur la notice consacrĂ©e Ă  l’assiette reprĂ©sentant « l’attaque de l’Ile de Lobau » (conservĂ©e dans les collections de la Fondation NapolĂ©on), on y apprend que Swebach peint cette assiette en fĂ©vrier-mars 1810 pour 200F, d’aprĂšs les dessins d’Alexandre de Laborde pris sur place durant la Campagne de 1809. Brongniart en profita pour rĂ©aliser deux autres assiettes d’aprĂšs les travaux de Laborde : - « DeuxiĂšme pont communiquant Ă  l’Ile de Lobau ». - « Tentes de l’Empereur dans l’üle Lobau ». Il s’agit de notre assiette. Lors de la 1Ăšre Restauration en 1814, Louis XVIII prend possession du service, fait disparaĂźtre les marquages de la Manufacture impĂ©riale de SĂšvres, appose son monogramme (le double L) et fait numĂ©roter les assiettes. AprĂšs Waterloo, l’Empereur emporte Ă  Sainte HĂ©lĂšne 70 (ou 60) assiettes de son service, dont celle numĂ©rotĂ©e 14, reprĂ©sentant les tentes de l’Empereur sur l’üle de Lobau. Certaines de ces assiettes du service, qui faisait encore l’admiration de l’Empereur, furent donnĂ©es par lui. Ainsi Marchand, citĂ© par Bernard Chevallier, prĂ©cise dans ses mĂ©moires que le 1er janvier 1817 : « La comtesse Bertrand et la Comtesse Montholon reçurent chacune une assiette de son beau service de SĂšvres. Celle de la Comtesse Bertrand reprĂ©sentait le passage du Danube dont les ponts furent jetĂ©s par le Grand MarĂ©chal. » L’inventaire dressĂ© Ă  la mort de l’Empereur faisait Ă©tat de « 54 assiettes de porcelaine de SĂšvres pour dessert » et son testament stipulait : «[...] Je charge le comte de Montholon de garder ces objets et de les remettre Ă  mon fils lorsqu’il aura seize ans
 ». On connaĂźt les difficultĂ©s que Montholon aura Ă  transmettre ces objets au fils de NapolĂ©on. AprĂšs le refus de la monarchie autrichienne d’exaucer les volontĂ©s du dĂ©funt, Montholon conservera ces assiettes puis en donnera certaines, notamment au fils Las Cases. L’assiette citĂ©e ci-dessus provient trĂšs certainement de la famille Montholon. PiĂšces en rapport : -La fondation NapolĂ©on et le chĂąteau de Fontainebleau conservent de nos jours les plus grandes collections d’assiettes de ce service exceptionnel. - D’autres dans des collections privĂ©es, notamment deux d’entre-elles chez un grand collectionneur belge. Bibliographie : - Nous nous rĂ©fĂšrerons Ă  l’article extrĂȘmement complet de Bernard Chevallier dans « TrĂ©sors de la Fondation NapolĂ©on. Dans l’intimitĂ© de la Cour impĂ©riale. » p.127 et suivantes. - Sur les assiettes apportĂ©es Ă  Sainte-HĂ©lĂšne, Bernard Chevallier, Le mobilier et la vaisselle de NapolĂ©on Ă  Sainte-HĂ©lĂšne , « Sainte-HĂ©lĂšne, Ăźle de mĂ©moire », p.114.
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Ceramics, pottery and earthenware