Lot no. 175
Rare centre de table, en marbre jaune de Sienne, albâtre et bronze ciselé et doré. Il présente un temple stylisé avec des marches, au centre une Renommée sur un pied de porphyre rouge. Le pourtour formé d'une colonnade à chapiteaux ioniques, supporte une galerie circulaire, ornée de huit statuettes figurant les dieux de la mythologie, séparées par des balustrades renversées. Contre-socle en placage de marbre noir antique. (Manquent la trompette et la palme de la Renommée). Attribué à Luigi VALADIER (1762-1839). Début du XIXème siècle. Hauteur : 51 cm - Diamètre : 41 cm Les centres de table, dits également surtouts de table, semblent faire leur apparition à la Renaissance chez certaines grandes familles ou dans certaines cours européennes désireuses de dévoiler leur faste et leur richesse à leurs convives. En France, au XVIIIème siècle, nous assistons à une quasi standardisation de ces objets appelés à l'époque « surtouts de desserts » qui se composaient le plus souvent de trois plateaux de glace garnis en cuivre argenté et rehaussés, pour les plus luxueux, de figures ou de motifs en porcelaine ou en biscuit. Nous rencontrons ce type de pièces dans la plupart des descriptions d'inventaires après décès des familles de la haute aristocratie ou de la finance dans la seconde moitié du siècle. Parallèlement à cette production française quelque peu marquée par un manque d'originalité, certains artistes et artisans italiens proposaient des créations nettement plus originales composées de plateaux incrustés de motifs polychromes en marbre et pierres dures et qui supportaient tout un ensemble d'édifices, figures, éléments d'architecture, associant marbres rares et bronze. Un surtout de ce type, peut-être le plus célèbre, fut rapporté de Rome à Paris par le Bailli de Breteuil et figura dans sa vente après décès faite dans la capitale en 1786. Nul doute que le somptueux surtout Breteuil, connu déjà depuis plusieurs années par les proches du Bailli et certains amateurs parisiens, initia une nouvelle mode. Ainsi c'est probablement dans ce contexte que le temple circulaire que nous présentons associant marbre noir antique et jaune de Sienne, albâtre et éléments en bronze doré, fut commandé à l'atelier de Luigi et Giuseppe Valadier et rapporté d'Italie par un collectionneur français dans les dernières années du XVIIIème siècle ou au tout début du siècle suivant. Il devait à l'origine faire partie d'un ensemble beaucoup plus important tel que nous en connaissons soit par des projets, soit par des exemples conservés. Ainsi quelques dessins connus soulignent l'exceptionnelle richesse de ces ensembles ornés de portiques, colonnes et temples, notamment un premier dessin signé Giuseppe Valadier et daté 1779 conservé au Palais Braschi à Rome (illustré dans A. Gonzales-Palacios, Il Gusto dei Principi, Arte di Corte del XVII e del XVIII Secolo, Milan, 1993, tome II, p. 210, fig. 400) et deux autres conservés au musée de Capodimonte à Naples (A. Gonzales-Palacios, op.cit., p. 292, fig. 582-583). Signalons également la composition d'une pendule réemployant un des éléments du somptueux surtout réalisé par Giovanni Battista Ferroni au Real Laboratorio du Buen Retiro et qui fut offert par le roi d'Espagne Charles IV à Napoléon lors de l'Entrevue de Bayonne (reproduite dans M-F. Dupuy-Baylet, Pendules du Mobilier National 1800-1870, Dijon, 2006, p.101, catalogue n°42). Enfin, mentionnons tout particulièrement un surtout réalisé par Luigi et Giuseppe Valadier conservé dans une collection privée dont certains éléments ornementaux, notamment les colonnades des côtés et les façades des temples antiques, présentent de nombreuses similitudes stylistiques et permettent l'attribution de l'œuvre proposée à ces artisans d'exception.
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Modern and design furniture
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Catalog
10/19/2012
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