Lot no. 101
Rare commode à vantaux à léger ressaut ; elle est en placage de citronnier marqueté en feuilles dans des encadrements de filets d'ébène. Elle présente en ceinture un rang de trois tiroirs ; et deux portes, l'une à double évolution, montants à colonne cannelée ajourée foncée de cuivre, pieds fuselés.
Riche ornementation de bronzes ciselés et dorés à décor d'une frise de feuilles d'acanthe et cannelures soulignées de perles, baguettes godronnées feuillagées ou à cannelures rudentées sur des fonds amatis, les trois faces à encadrement de grattoirs.
Plateau de marbre blanc veiné gris, encastré dans des moulures godronnées.
Estampillée C. C. Saunier, probablement livrée par Dominique Daguerre.
Époque Louis XVI, vers 1785-1790.
(Légères fentes).
Marque au fer à froid : CHPB.
Haut. : 89 cm - Larg. : 132,5 cm - Prof. : 58 cm
Une commode identique portant également l'estampille de Saunier est passée en vente à Paris, Mes Ader, Picard, Tajan, le 6 décembre 1977, lot n° 166.
Trois autres commodes de modèles similaires sont répertoriées estampillées par Adam Weisweiler, la première en placage d'acajou livrée en 1788 pour la Comtesse de Provence à Versailles est aujourd'hui conservée au Musée du château de Versailles (A. Pradère, French Furniture makers, 1989, p. 401, n° 495), les deux autres sont ornées de panneaux de laque du Japon, l'une a fait partie de la vente de la succession de Charles de Pauw (Sotheby's Monaco, 22 juin 1986, lot n° 638), l'autre provenant de la collection Kutaï a été vendue chez Sotheby's à Londres le 11 juin 1992, lot n° 165.
Ce type de meuble fut réalisé à la fois par Weisweiler et par Saunier. Malgré la concurrence qui les oppose, ils travaillaient pour le même Marchand-Mercier (marchand d'objets de luxe) Dominique Daguerre.
La collaboration de Saunier et de Daguerre est prouvée notamment par l'existence de plusieurs meubles estampillés dans les collections Spencer à Althorp qui furent livrés par Daguerre vers 1790. Citons également plusieurs meubles en citronnier ("en bois jaune") livrés par Daguerre en 1786-1787 pour le Garde-meuble de la Couronne et qui peuvent être rapprochés des travaux de Saunier ; deux bonheur-du-jour en bois jaune (également appelé "noyer de la Guadeloupe"), le premier livré en 1786 pour le service de la reine Marie-Antoinette à Choisy et le second livré en mars 1787 pour la Duchesse d'Harcourt, femme du Premier valet de chambre du Dauphin, à Versailles, ces deux meubles étaient inclus dans des livraisons d'ensemble de pièces de mobilier en bois jaune, probablement l'œuvre de Saunier. Un meuble provenant de ces livraisons a certainement été identifié, il s'agit d'un secrétaire en armoire vendu à Londres en 1965, portant l'estampille de Saunier et la marque à l'encre du château de Versailles, il correspond à un meuble livré le 10 mars 1787 pour le Duc d'Harcourt à Versailles.
Claude-Charles Saunier :
Ébéniste reçu Maître le 31 juillet 1752. Issu d'une dynastie d'ébénistes installés rue du Faubourg Saint-Antoine, Claude-Charles obtint la maîtrise en 1752, mais ne fit enregistrer ses lettres de maîtrise qu'en 1765 lorsqu'il reprend l'atelier familial dans lequel il s'était formé. Son atelier demeure rue du Faubourg Saint-Antoine jusqu'à l'extrême fin du XVIIIe siècle, produisant des meubles de luxe tous de goût néoclassique. Il fut un des rares ébénistes à utiliser le bois de citronnier dédaigné.
G.D.
90 000 / 110 000 €
Pictures credits: Contact organization
Classic furniture
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