Lot no. 144
Rare console de forme demi-lune en acajou, placage d'acajou à ramages, bois patiné et doré orné de plaques de Wegdwood en biscuit blanc à fond bleu représentant des allégories de l'Écriture, de l'Architecture et des scènes à l'antique. Elle présente au centre une cariatide coiffée du Némès terminée par un jarret de bête à griffes. Les côtés en pilastres réunis par une entretoise incurvée et un fond de glace. Riche décoration de bronzes ciselés et dorés tels que : torche enflammée à nœud de ruban, palmettes, encadrement de bronze, mascarons à têtes de Mercure, médaillons et volutes. Dessus de marbre bleu Turquin mouluré Attribuée à Lignereux, Weisweiler et Thomire Époque Directoire - Consulat (Restaurations) 92 x 149 x 48,5 cm Provenance : - Collection Gustave Duval en 1925 - Vente du Château de Grand-Vaux à Savigny-sur-Orge 22 et 24 juin 1935 n° 382 Bibliographie : “Les ébénistes du XIXe siècle 1795-1889, leurs œuvres et leurs marques” par D. Ledoux-Lebard, Paris Édition de l'Amateur 1984 p. 437 “Le Style Empire. 3e série. Architecture et décor d'intérieurs” Tome III, Paul Marmottan, Edition Contet, Paris 1925, pl. 28 Martin Eloy Lignereux (1752-1809) s'associe au milieu des années 1780 avec le célèbre marchand-mercier Dominique Daguerre ; établi quelques années à Londres, afin de gérer la maison parisienne et lui succède en 1793. Malgré la Révolution, il continue son activité et fait fortune. Il se spécialise dans la production de meubles précieux réalisés en petite quantité mais toujours d'une grande qualité d'exécution. Jamais estampillés, peu de meubles portent l'étiquette de son magasin : deux cabinets achetés pour le prince de Galles en 1803 (1) et une console (2). Une certaine rivalité s'établit avec son gendre François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter qui épouse sa fille Adélaïde-Anne en 1798. Lors de l'Exposition des Produits de l'Industrie de l'An IX (1800-1801), le jury, après une longue hésitation entre Lignereux et Jacob-Desmalter, décerne finalement la médaille d'or à ce dernier. “Les meubles du citoyen Ligneureux ont paru remarquables par l'élégance et la richesse, par l'accord de toutes les parties, par le choix des formes appropriées à leurs usages, enfin par la perfection du travail extérieur et intérieur. Ceux du citoyen Jacob sont également recommandables dans un genre différent (…). Ces artistes, qui excellent dans un genre d'industrie portée aujourd'hui à un point de perfection dont il n'y a jamais eu d'exemple, méritent une récompense de premier ordre” (3). En 1803, il s'installe rue Taitbout et gère le dépôt des porcelaines de Sèvres. En 1804, il vend son fonds de commerce et toutes les marchandises s'y trouvant à Duterme et Thomire. La console du musée des Arts Décoratifs de Budapest, sortie incontestablement du magasin de Ligneureux (dont elle porte toujours l'étiquette), présente de fortes similitudes avec celle que nous vendons : on retrouve des montants en forme de cariatide à têtes d'égyptiennes coiffées du Némès, terminées par des griffes de lion et ornées d'un plastron en bronze doré décoré de palmettes, et volutes ; modèle que l'on retrouve également sur une table conservée au Palais Royal de Naples (4). Ce type de support, associé comme sur notre exemplaire, à une plaque de porcelaine orne également un guéridon conservé au musée Correr à Venise (5). Il est vraisemblable, étant donné les analogies de la console du Musée de Budapest et du guéridon du Grand Trianon, que Weisweiler et le marchand Lignereux ont collaboré, d'autant plus que Weisweiler travaillait déjà avec son prédécesseur le marchand-mercier Daguerre. Ainsi, Weisweiler aurait pu réaliser cette console à la demande et d'après les dessins et les plaques en porcelaine fournis par Martin Eloy Lignereux. (1) conservés dans les collections de S.M la Reine d'Angleterre (2) conservée au musée des Arts Décoratifs de Budapest (3) “François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter, ébéniste de Napoléon Ier et de Louis XVIII” par Hector Le Fuel, Edition Albert Morancé, p. 57. (4) “Weisweiler” par Patricia Lemonnier, Paris 1983, Edition Monelle Hayot, p. 138. (5) Ibid p. 95
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Classic furniture
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Catalog
06/20/2006
Offered by Artcurial
33 (0)1 42 99 20 20