Lot no. 200
RARE TABLE DE SALON ronde en placage d'ebene, ornee de panneaux de laque du Japon or sur fond noir a incrustations de burgau alternant avec de riches rosaces de bronze cisele et dore. Les panneaux de laque representent des oiseaux en polychromie et or sur fond noir dans des paysages. Elle ouvre a un tiroir en ceinture et repose sur des pieds droits a cannelures foncees de bronze et rudentees en partie superieure, cambres en partie inferieure, relies par une tablette d'entrejambe a galerie egalement plaquee d'un panneau de laque du Japon representant un vase de fleurs. Riche ornementation de bronzes ciseles et dores telle que chutes de guirlandes fleuries et triglyphes en haut des pieds, chutes d'acanthes et sabots en bas des pieds, entree de serrure, rosaces, frises de raies de cœurs en encadrement des panneaux de laque, et galeries ajourees. Plateau d'amethyste a galerie ajouree et mouvementee. Estampillee de M CARLIN, Martin Carlin (1730 - 1785) recu maitre le 30 juillet 1766. Epoque Louis XVI H 71, Diam 38 cm. Provenance : Ancienne collection de Lady Baillie, Chateau de Leeds (vente Sotheby's, Londres - 13 decembre 1974, lot 178) Bibliographie : Daniel Alcouffe, Anne Dion, Amaury Lefebure « Le mobilier du Musee du Louvre », editions Faton, Paris, 1993, Tome I. Thibaut Wolvesperges, « Le meuble français en laque au XVIII° siecle », editions de l'amateur, Paris, 2000. Alexandre Pradere, « Les ebenistes français de Louis XIV a la Revolution », editions du Chene, Paris, 1989. Provenant de la collection de Lady Baillie au chateau de Leeds, cette petite table temoigne du gout des amateurs pour des meubles rares et tres luxueux. La vente Lady Baillie a Londres en 1974, a ete un evenement important dans l'histoire de l'art. Sa collection etait constituee d'objets exceptionnels que se sont arraches les grands collectionneurs. Martin Carlin est ne a une date inconnue (sans doute vers 1730) en Allemagne dans la principaute de Bade. Nous ne savons rien sur son apprentissage, ni de la date de sa venue a Paris, toujours est-il qu'il y est etabli en 1759 puisqu'il epouse le 26 fevrier 1759 Marie-Catherine Oeben, la sœur de Jean- Francois Oeben. Roger Vandercruse et Oeben assistaient au mariage en tant que temoins. Le contrat indique que Carlin etait encore un ouvrier a gages installe quai des Celestins. Avant 1763, le couple s'etait installe Grand-Rue du faubourg Saint Antoine a l'enseigne de La Colombe. Apres quelques annees en tant qu'artisan libre, Martin Carlin est recu maitre ebeniste le 30 juillet 1766. Carlin est mort le 6 mars 1785, il laissait trois enfants mineurs, deux filles et un fils. Roger Vandercruse a ete charge de leur education. Moins d'un an apres sa mort, sa veuve se remariait avec l'ebeniste Gaspar Schneider. Bien que n'ayant jamais travaille pour la Couronne, Martin Carlin fournissait de nombreux meubles aux membres de la famille royale par l'intermediaire en particulier des plus grands marchands merciers parisiens tels que Simon Philippe Poirier, Dominique Daguerre, puis en 1777, ses successeurs, les freres Darnault. L'influence des marchands-merciers sur son œuvre est capitale. Ce sont eux qui dirigent le gout a l'epoque, qui commandent les materiaux necessaires a l'ornementation des meubles, qui fournissent les ebenistes et qui vendent a une clientele determinee. Six a sept marchands seulement orchestrent, chacun a leur maniere, le commerce des meubles en laque, celui-ci dependant principalement de leurs ressources financieres et de leur clientele respective. Ainsi Thomas-Joachim Hebert, Claude-Antoine Julliot, Francois Gersaint, l'association Michel Heceguere-Simon Poirier, Francois Machart et Lazare Duvaux, firent tous offices de reference dans ce milieu etroit des marchands- merciers. Ces derniers depecaient des meubles en laque de Chine ou du Japon afin de recuperer les panneaux pour les monter sur des meubles luxueux. Daguerre fournit, ainsi, a Martin Carlin des panneaux de laque du Japon or a fond noir representant un coq et une poule, stylistiquement tres proche de ceux present sur notre table. Ils sont issus du demontage d'un riche coffre pour orner un cabinet ayant appartenu a Mlle Laguerre, vendu chez Christie's a Londres le 9 decembre 1982. Malgre l'influence des marchands-merciers, Carlin parvient a preserver un style qui lui est propre et de son atelier sortent quelques-uns des meubles du XVIII° siecle les plus luxueux, ce dont temoigne cette petite table de salon. La production de Martin Carlin est representative du style Louis XVI. Elle est surtout faite de meubles luxueux, en plus des quatre-vingts meubles en porcelaine repertories qui representent environ le tiers de son œuvre connue, elle comporte des meubles en laque du Japon et des meubles en acajou ou en marqueterie. La petite table que nous presentons est typique de la production de Martin Carlin, ainsi nous retrouvons dans des collections publiques prestigieuses des meubles similaires dans leur conception et decoration. Sur les meubles en laque, Carlin utilisait exclusivement l'ebene pour encadrer les panneaux en laque et non pas en acajou comme le faisait Weisweiler. Le Louvre conserve ainsi plusieurs tables de salon de Martin Carlin. Celle du leg de la baronne de Rothschild (inv. OA 7624) reprend les memes lignes mais est plaquee de plaques de porcelaine de Sevres. Il en est de meme de celle du don de M. et Mme Rene Grog-Carven (inv. OA 10467). Nous retrouvons les memes chutes de bronze cisele et dore a decor de guirlandes florales sur les pieds de la table du don M. et Mme Rene Grog- Carven (inv. OA 10468). Quant aux plaques de laque du Japon, nous retrouvons des panneaux tout a fait semblables sur le bureau plat de Martin Carlin conserve au Louvre. Estimation sur demande
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Classic furniture
About the sale
Catalog
Mobilier et Objets d'Art
75009 Paris - France
01/26/2011
Offered by Europ Auction
01 42 46 43 94