Lot no. 255
Rare table dite "à transformations" en placage d'acajou. Elle présente un plateau mobile coulissant qui dissimule, en ceinture, un large tiroir. Ce dernier présente, au centre, une tablette foncée d'un miroir formant coiffeuse, sur les côtés deux volets coulissants qui dissimulent un nécessaire de toilette en vermeil (rapporté) de la Maison Keller, comprenant : deux brosses, deux brosses à ongles, un chausse-pied, un crochet, un vaporisateur, trois boîtes dont une à poudre et un miroir à main. Au centre du tiroir principal, un abattant, qui ouvert, présente un tiroir. La façade de ce dernier à triple évolution, monté sur un chevalet, forme écritoire. Sur la tranche, trois tiroirs dont deux escamotables latéralement. Montants et pieds en gaine à triple cannelure foncée de cuivre ou grattoirs. Mains tombantes à draperies stylisées, encadrements de perles ou fines cannelures. Par Roentgen, non signée. époque Louis XVI. (Restaurations d'usage dans les fonds). Hauteur : 81 cm - Largeur : 95 cm - Profondeur : 66 cm L'influence d'Abraham Roentgen sur la production de son fils est évidente, particulièrement au début de la production de ce dernier. Les marqueteries florales dominent, les formes encore très Louis XV également. Puis, avec la reprise de l'atelier au début des années 1770, David Roentgen se libère des modèles anciens et se tourne définitivement vers le plus pur néoclassicisme en privilégiant les placages d'acajou superbement mis en valeur par un décor de bronzes finement ciselés et dorés de très grande qualité. Ainsi, bien que nous connaissions quelques tables de ce modèle marquetées de riches bouquets floraux (voir particulièrement celle de l'ancienne collection Bensimon), la plupart des tables mécaniques de ce type, en placage de feuilles d'acajou soigneusement sélectionnées, dévoile toute la virtuosité de David Roentgen et illustre probablement l'un des meubles les plus aboutis de son œuvre. L'ébéniste sut proposer à une riche clientèle avide de nouveauté des meubles mécaniques qui tenaient lieu de tables de toilette, de tables à écrire, de tables à toutes fins, modèles qui conquirent immédiatement les grands amateurs européens. Le meuble présenté fait partie d'un groupe restreint de tables de même type, toutes réalisées vers 1785-1790, qui comportent quelques différences dans leur décor extérieur et dans leur agencement intérieur : parmi les plus proches, nous pouvons mentionner tout particulièrement une table conservée au château de Ludwigsbourg ; une dans les collections des ducs de Saxe Coburg Gotha à Coburg ; une dans la collection de la duchesse Amalia de Saxe Weimar Eisenach au Wittumspalais de Weimar ; un exemplaire était proposé sur le marché de l'art allemand et portait une marque d'inventaire royale du XIXe siècle (D. Fabian, Roentgen Möbel aus Neuwied, 1986, pp.68-72, figs 104-108 et 117-120). Enfin, une table quasi-identique est conservée dans les collections du Palais de Pavlovsk (illustrée dans Pavlovsk, Le palais et le parc, Paris, 1993). D'autres exemplaires sont passés en vente : citons notamment une table vendue chez Christie's, à New York, le 26 octobre 1995, 195 et une table appartenant au baron L.A.B. (Sotheby's, Monaco, les 23-24 juin 1985, lot 753). David Roentgen (1743-1807) : fils de l'ébéniste Abraham Roentgen, il reprit l'atelier paternel en 1772, à Neuwied, ville de Rhénanie. Il travailla pour les Cours allemandes et exporta nombre de ses meubles en Russie et en France où il fut obligé de se faire recevoir maître ébéniste en 1780. Tout en maintenant une extrême qualité dans la production de ses meubles, il mit au point une méthode de vente révolutionnaire, particulièrement en installant dans quelques-unes des grandes capitales européennes un magasin mettant en scène sa production
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Classic furniture
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Catalog
12/08/2006
Offered by BEAUSSANT LEFÈVRE & Associés
01 47 70 40 00