Lot no. 178
Sabre d'Honneur d'Infanterie dit « briquet », fourni par la Manufacture de Versailles, décerné au Sergent Jean-Baptiste Noirot par le Premier Consul, le 10 Prairial An XI (30 mai 1803), pour action d'éclat lors des batailles de Zurich (4 juin 1799) et de Marengo (14 juin 1800). Du modèle pour les bas officiers d'Infanterie, il est à lame unie, très légèrement courbe à dos avec pan creux et gorge, portant deux poinçons sur le côté droit et une cravate de laine verte au talon (L. : 70,6 cm - l. : 3,7 cm). La monture en argent est à garde simple nervurée avec un quillon à extrémité côtelée sur lequel sont insculpés trois poinçons : de garantie, de titre et d'orfèvre. La fusée en bois, sur laquelle est fixée la lame, est recouverte d'une basane avec un double filigrane torsadé en argent. La calotte unie est à courte queue maintenue sur la fusée par une pointe en argent. Le fourreau en cuir fort est d'origine et porte ses deux garnitures en argent uni. La chape, dont la base est à découpe arrondie et le dos poinçonné (titre et garantie), porte sur la face externe un bouton de suspension en forme d'écu ; la face interne est gravée en lettres cursives « LE PREMIER CONSUL / AU Cen NOIROT / SERGENT DE LA 1ÈRE / ½ BRIGADE LÉGÈRE / POUR ACTION D'ÉCLAT ». La bouterolle, dont le haut est à découpe arrondie, porte sur la face externe deux poinçons (titre et garantie) et se termine par un gros bouton mouluré en fer. Longueur : 87 cm. France, Versailles vers 1803. État de conservation : excellent. Quelques marbrures d'oxydation sur la lame, légères usures de la basane recouvrant la fusée. Note - L'arrêté des Consuls du 4 nivôse An VIII (25 décembre 1799) stipulait, dans article 5, qu'« Il sera accordé des sabres d'honneur aux officiers et soldats qui se distingueront par des actions d'une valeur extraordinaire, ou qui rendraient des services extrêmement importants ». Dans l'Article 8, il était précisé que « Les demandes pour les sabres sont adressées au Ministre de la Guerre... Il ne pourra y en avoir plus de deux cents pour toutes les armées ». Suite à l'Inspection du 28 fructidor An X (15 septembre 1802), le Premier Consul donna instruction aux différentes Unités de la Cavalerie et de l'Infanterie de présenter aux Inspecteurs Généraux les hommes qui se sont distingués depuis le début des guerres de la Révolution et qui n'ont pas été récompensés. Par cette décision, 570 Armes d'Honneur furent décernées. Puis, le 29 fructidor An X (16 septembre 1802), Bonaparte décida d'accorder un supplément aux Corps qui ont déjà obtenu des Distinctions d'Honneur sur la demande des Inspecteurs Généraux et un contingent à ceux qui n'en ont pas demandé : soit 383 armes décernées. Durant toute l'existence de cette institution, il fut attribué 2104 brevets d'Armes d'Honneur de tout genre, dont 655 brevets de sabre pour l'ensemble des troupes impériales. Selon l'ouvrage d'Adrien Pascal, rendu plus accessible par l'étude de Tony Broughton, 238 Armes d'Honneur ont été distribuées, entre 1799 et 1802, pour l'ensemble des 31 régiments d'Infanterie Légère dont 65 sabres parmi lesquels 29 furent attribués à des Sergents. La 1ère Demi-brigade d'Infanterie Légère, créée en 1796, comptait cinq récipiendaires d'un fusil d'Honneur mais qu'un seul récipiendaire d'un sabre d'Honneur, décerné le 10 prairial An XI (30 mai 1803) au Sergent Jean-Baptiste NOIROT pour avoir fait deux prisonniers à l'ennemi lors de la bataille de Zurich du 16 prairial An VII (4 juin 1799) et s'être emparé d'une pièce de canon lors de la bataille de Marengo, le 25 prairial An VIII (14 juin 1800). Les demi-brigades d'Infanterie de ligne et d'Infanterie légère furent constituées fin 1794, mais Napoléon les reforma en « régiments », reprenant l'appellation de l'Ancien Régime, en 1803. Chaque demi-brigade d'Infanterie comprenait trois bataillons de huit compagnies, soit environ 2437 hommes. Alors que le Général Bonaparte se trouvait en Égypte, le Général André Masséna sauva la France de la menace d'invasion par la Deuxième coalition en remportant, avec ses 33.500 hommes, une victoire décisive à l'issue de la bataille de Zürich, livrée les 3 et 4 Vendémiaire An VIII (24 et 25 septembre 1799), contre les 20.000 Russes commandées par le Général Korsakov. Cette longue bataille fut extrêmement meurtrière : 4.000 Français et 8.000 Russes tués ou blessés. L'armée Russe fut pratiquement anéantie : 6.000 prisonniers, sept drapeaux pris ainsi qu'une centaine de canons. Tous les prisonniers français furent délivrés. Mais auparavant, Masséna avait essuyé une défaite lors de la première Bataille de ZURICH, livrée du 4 au 7 juin 1799, opposant 30.000 Français contre 40.000 Autrichiens commandés par l'Archiduc Charles. Masséna avait été forcé de se retirer, perdant 1.700 hommes tandis que les Autrichiens en perdaient 3.500. Le 16 prairial An VII (4 juin 1799), Jean-Baptiste NOIROT se distinguaient en faisant deux prisonniers à l'ennemi. La bataille de MARENGO se déroula le 25 prairial An VIII (14 juin 1800) au nord de Gênes dans le Piémont et opposait les 27.700 Français, dont 3.700 cavaliers et 15 canons, commandés par le Premier Consul Bonaparte, aux 30.600 Autrichiens, dont 7.500 cavaliers et 180 canons, commandés par le Général Melas. Alors que la situation tournait au désastre pour Bonaparte et que les généraux Lannes et Victor se repliaient, le Général Desaix intervenait de sa propre initiative et renversait complètement la situation, avant d'être tué. Cette miraculeuse victoire fut au prix d'un véritable carnage : 6.000 à 8.000 Français et 9.400 à 11.000 Autrichiens tués ou blessés, 8.000 Autrichiens prisonniers et 40 canons capturés dont un par Jean-Baptiste NOIROT. Tous les détenteurs d'un brevet d'Honneur étaient Légionnaires de droit et devaient être présent à leur régiment lors de la cérémonie du Camp de Boulogne, le 16 août 1804, pour la distribution des étoiles de la légion d'Honneur.
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05/30/2008
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