Lot no. 53
Simon VOUET (Paris 1590 - 1649) Le repos pendant la fuite en Égypte. Toile. 85 x 94 cm. Restaurations et manques. Bibliographie : - W. Crelly, The painting of Simon Vouet, New-Haven et Londres, 1962, n°163 (Perdu, connu par la gravure) ; - Catalogue de l'exposition Vouet, Paris, Grand Palais, 1990 - 1991, p.315, (Perdu, avec reproduction de la gravure p.142). Ce tableau, correspond à la gravure inversée, datée de 1649, dernière pièce gravée par Dorigny d'après Simon Vouet de son vivant, et la seule qu'il réalisa cette année-là, sous le titre : Le repos pendant la fuite en Égypte. Le cuivre porte l'inscription : S.Vouet pinxit cum privil. Reg M.Dorigny Scul.1649, ainsi que le distique : Dum tua Virgo parens, inclinat in oscula natum, omnia cum nato se tibi subjiciunt. (De même que la Vierge s'incline devant l'enfant, de même toute chose s'incline devant toi.) . Sur la gauche du tableau, Marie vue de profil, assise, retient délicatement, sur ses genoux, l'enfant Jésus, debout, à demi-nu qui la regarde. Tandis qu'en retrait, dans l'ombre Saint Joseph est absorbé par sa lecture. L'ensemble se détache sur un fond de paysage, qui s'étend à droite ; la Vierge est adossée à un sarcophage, abritée sous un palmier ; à ses cotés au premier plan, un chapiteau brisé recouvert d'un linge. La relation entre la mère et son enfant retient l'attention comme sujet principal, abondamment illustré par Simon Vouet dans d'autres compositions : La Vierge à la colonne, (Saint-Pétersbourg, Musée de l'Ermitage) ; La Vierge et l'Enfant à l'ange (Caen, Musée des Beaux-arts) ; La Sainte Famille avec Sainte Elisabeth et Saint Jean-Baptiste (Musée du Louvre). De manière allusive, Vouet apporte des éléments de décorations qui réfèrent au repos de la Sainte Famille : - Le palmier rappelle un épisode apocryphe de la Fuite en Égypte : Le Miracle du palmier, qui, sur la demande de l'Enfant Jésus, permettra à la famille de se nourrir et se désaltérer. - Le relief pseudo-classique souligne un certain intérêt pour l'antique amorcé lors du séjour de Vouet à Rome, (La Vierge à l'Enfant, Sainte Elisabeth, Saint Jean-Baptiste et Sainte Catherine, Musée du Prado ; Sophonisba recevant la coupe de poison envoyée par Masinissa, Kassel.), qu'il réutilisera souvent comme support de ses figures. Le sarcophage préfigure la passion du Christ. Il est dit aussi que les vestiges antiques, brisés, évoquent la fin du monde païen, ruiné par l'avènement du fils de Dieu. (Voir Le repos de la Sainte famille, musée de Grenoble). - Le Saint Joseph, à l'écart, (utilisé par Poussin dans un dessin préparatoire au tableau de Cleveland : La Sainte famille à l'escalier (1648) voir Nicolas Poussin, Paris, Grand Palais, 1994 - 1995, n° 176 ) et repris par Charles Mellin (Le repos pendant la fuite en Égypte, collection G. et R. Blum) se tient en marge d'un destin qu'il ne comprend pas. Vouet intègre parfaitement ses personnages au paysage. Les jeux d'ombre et de lumière montrent son intérêt pour l'enveloppe atmosphérique développée dans le paysage sur la droite. Les premiers exemples d'extérieur débutent lors de la période italienne de Vouet, (La Sainte Famille du Prado, La Sainte Famille Barberini, San Francisco) et préfigurent les tableaux parisiens. Il aurait été inspiré par Tassi , Breenbergh et Polenburgh. On parle d'une collaboration avec Patel dans certains paysages lumineux comme L'allégorie de la vertu (musée du Louvre). On cite encore Bellin, paysagiste oublié aujourd'hui, faisant partie du groupe de spécialistes utilisés par Simon Vouet dans son atelier. Ce tableau traduit une atmosphère paisible en accord avec le sujet, animé uniquement par les jeux de l'enfant et de sa mère. Les drapés y sont moins soucieux des rythmes décoratifs et soulignent l'élégance majestueuse de la Vierge à la physionomie caractéristique et aux longs doigts fuselés. Notons encore le sentiment de nature, les détails classiques évoquant les travaux d'un La Hyre ainsi que l'atticisme parisien des années 1645. Tous ces éléments autorisent une datation tardive, autour de 1647- 1648, appuyée par la gravure de 1649. Ce tableau, repris plusieurs fois dut être célèbre : - On signale une copie passée en vente, comme atelier de Simon Vouet (vente anonyme, Paris, Hôtel Drouot, 25 Juin 2004). - Ainsi qu'un tableau attribué à Michel Dorigny (Toile, 69 x 57,5cm), reprenant fidèlement la partie droite de la gravure. (Versailles, Palais des congrès, 14 mars 1976, n°77, reproduit). Provenance : Grande collection privée orléanaise.
Pictures credits: Contact organization
Drawings, watercolours and pastels
About the sale
Catalog
06/10/2007
Offered by ROUILLAC
02 54 80 24 24