Lot no. 16
STELE FAMILIALE ABYDENIENNE DU CHEF DU DISTRICT DIDOUSOBEK.
Grande stèle cintrée ornée au sommet de l’anneau-chenou flanqué d’yeux-Oudjat et d’ombelles de papyrus dont la courte tige épouse de chaque côté la courbure de la pierre.
Sous le cintre sont gravées quatre lignes hiéroglyphiques de la formule d’offrande au bénéfice du propriétaire et des membres de sa famille : “Offrande que donne le roi (à) Osiris, chef des Occidentaux, grand dieu, maître du ciel, afin qu’il accorde une offrande funéraire de pain et de bière, de viandes et de volailles, de vases d’albâtre et de vêtements, tous dons de végétaux et de fruits et tous présents de boissons et viandes, de l’encens et de l’onguent, un millier de toutes choses bonnes et pures pour le ka du chef du district Didousobek, justifié et doué de faveurs, né de Äouyrditès, justifiée [...], pour le ka de sa femme qu’il aime, Néfrou, douée de faveurs, pour le ka de ses enfants, et pour le ka de quiconque a son nom sur cette stèle.”
Sous l’inscription, sont représentés deux couples assis vis-à-vis de chaque côté d’un guéridon chargé d’offrandes. À gauche, Didousobek accompagné de sa femme Néfrou ; à droite ses parents : son père Sänkhka et sa mère Äouyrditès. Sous le siège de cette dernière, est assise sur le sol une fillette portant la natte enfantine. Des inscriptions hiéroglyphiques les nomment : à gauche “Le favorisé, le chef du district, Didousobek, doué de faveurs ; sa femme Néfrou” ; à droite “Le favorisé, son père Sânkhka enfanté par Tita ; sa femme Äouyrditès ; (la fillette) sa fille (à lui) Ipi.”
Le registre suivant consiste en deux rangées superposées de douze personnages (neuf hommes et trois femmes) assis et respirant une fleur de lotus ; des légendes les nomment : à gauche “son fils Sänkhka ; sa fille Hénoutsen ; son fils Sébekhotep ; son fils Saamon ; sa fille Didetmout ; son fils Mentouhotep” ; à droite “son fils Sébekhotep ; son fils Mentouhotep ; sa fille Tchetta ; son fils Iménâa ; son fils Mentouhotep ; son fils Kény”.
L’inscription inférieure consiste en vingt-et-une colonnes, la troisième restée vierge séparant le titre (col. 1-2) d’une liste de noms (col. 4-21) : “Ce sont tous les gens de ma tombe familiale (lit. nécropole) qui entreront dans cette chapelle funéraire, aucun imposteur n’y entrera” puis “Les enfants de Mentouhotep : son fils Hor né de Khébennès, son fils Mentouhotep né de You” ; “Les enfants d’Iménâa : son fils Sânkhka, sa fille (à elle) Kéméni, sa fille (à elle) Rénesséneb” ; “Les enfants de Tchéta : sa fille Déditsobek, sa fille (à lui) Sménet née de Hen, son fils (à lui) Sahathor né de Hen, sa fille (à lui) Dédi née de Hen, son fils (à lui) Néfériou né de Hen, sa fille (à lui) Änkhékhet née de Hen, son fils (à lui) Mentouhotep né de Hen, son fils (à lui) Iménemhat né de Outa, son fils (à lui) Sânkhka né de Änkhékhet” ; “Les enfants de Mentouhotep (et de) sa femme qu’il aime : sa fille Didousobek née de Iouséneb, son fils Iménemhat né de Iouséneb” ; “Les enfant (sic) de Sébekhotep : sa fille änkhékhet.”
(Traduction : J.J. Clère, 1985).
Calcaire polychrome.
Égypte, Abydos, Moyen Empire, XIIe dynastie, probablement règne d’Amenemhat III.
H_60,5 cm L_37,7 cm
Collection Jacques Jean Clère (1906-1989), acquis le 21 mars 1957 sur le marché parisien ; resté dans la descendance familiale.
Publications :
J.J. Clère, “Une stèle familiale abydénienne de la XIIe dynastie”, dans BIFAO 85, Le Caire, 1985, pp. 77-87, pl. XIII-XIV.
L. Postel, “Quand réapparaît la forme ms(w).n ? Réflexions sur la formule de filiation maternelle à la fin du Moyen Empire”, dans Verba manent. Recueil d’études dédiées à Dimitri Meeks par ses collègues et amis, Montpellier, 2009, p. 335.
Ce monument, acquis par Jacques Jean Clère en 1957 et longuement publié par ses soins, provient, comme la majorité des stèles du Moyen Empire à multiples personnages, du site d’Abydos. La finesse et les caractères stylistiques le placent sans aucun doute à la XIIe dynastie. Les inscriptions énumèrent vingt-neuf noms propres différents, mais comme certains d’entre eux sont portés par plusieurs homonymes, plus de trente personnes sont en fait représentées ou nommées.
Les deux ombelles de papyrus, de part et d’autre du cintre, sont peux fréquentes ; on les retrouve sur les stèles de Berlin 1198 et Copenhague Aad 13.
Pictures credits: Contact organization
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