Lot no. 189
TENUE DE BOYARD PORTéE PAR LE PRINCE félix YOUSSOUPOFF à L’OCCASION DU TOURNOI D’éGLINGTON, LE 11 JUILLET 1912.
Costume d’apparat composé d’un habit et d’une veste richement brodés. Habit en brocart d’or datant du XVIIIe siècle à motifs floraux polychromes, enrichi sur le haut des manches et sur le devant de brandebourgs en cordonnets or et perles de nacre. Fermeture agrafée sur le devant, gros boutons en métal doré ajouré sertis de perles, en parement. La partie basse du costume est soulignée d’un galon or serti de cabochons de verres colorés et d’éléments de broderies anciennes sur velours appliqués. Veste en taffetas de soie couleur safran semé de fleurs en broderie de fils argenté, le cœur rehaussé d’une perle de nacre. Col haut dans une broderie sur velours assortie à celle du bas de l’habit. Fermeture agrafée, brandebourg en cannetille doré et boutons bijoux en parement. Poignets mousquetaires en brocart et broderie or rehaussés de perles de nacre et frangés.
Usures du temps, accidents, nombreux manques dont la zibeline qui bordait à l’origine le costume, manque un bouton. Restaurations d’usage. Travail commandé à Saint-Pétersbourg en 1912 pour l’évènement, à partir d’un habit en brocart du XVIIIe siècle. On y joint sa paire de bottes en maroquin vert à décor floral d’applications de cuirs multicolores rebrodés, avec talon gainé de maroquin rouge et pointe relevée et cloutée. Restaurations d’entretien, usures du temps.
Travail russe datant de 1912.
Historique : Au début du XXe siècle, le costume russe était très en vogue et s’inspirait des tenues traditionnelles portées par les membres de la noblesse Russe du XIVe siècle. Félix avait gardé, de son enfance, le souvenir émerveillé de costumes similaires portés par ses parents lors du célèbre bal organisé, le 3 févier 1903, par le Tsar Nicolas II au Palais d’Hiver. Il s’en était largement inspiré pour cette tenue de Boyard spécialement réalisée à Saint-Pétersbourg, et qu’il porta lors du bal costumé donné à l’Albert Hall de Londres, le 11 juillet 1912, en souvenir du tournoi d’Eglington. à cette époque, le jeune homme terminait ses études à Oxford et ne portait que le titre de comte Soumarokoff-Elston. à l’University College il était, selon l’un des témoins : « d’une inimaginable beauté et le plus bel adolescent qui ait existé au monde ». Il écrira d’ailleurs dans ses mémoires, publiés en 1952 sous le titre « Avant l’exil », en souvenir de cet événement : « Quelques jours après mon retour, je reçus une invitation pour un grand bal costumé à l’Albert Hall. Comme j’avais le temps devant moi, je profitais d’un congé en Russie pour me commander, à Saint-Pétersbourg, un costume russe. J’y trouvais un brocart d’or à fleurs rouges du XVIe siècle. Le costume était magnifique : constellé de pierreries et brodé de zibeline, avec toque assortie. Il fit sensation. Ce soir-là, je connus tout Londres et, le lendemain, ma photographie était dans tous les journaux… ». Son portrait vêtu de cette tenue reste encore aujourd’hui la plus célèbre représentation que l’on connaisse de lui.
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