Lot no. 267
TRÈS IMPORTANTE ET RARE PAIRE D'ENCOIGNURES à ressaut central ; elles sont marquetées sur des fonds de sycomore teinté vert, ou de bois tabac, de rosace dans des encadrements de dessins géométriques sur une réserve rectangulaire, centrale ; sur les côtés légèrement incurvés, une marqueterie de quartefeuilles en plein ; elles ouvrent par deux portes ; montants à côtes saillantes à méplats, soulignés d'une réserve ; pieds cambrés.
Estampille (sur les deux) de Jean-François LELEU, et poinçon de jurande.
Riche ornementation de bronzes finement ciselés et dorés à décor aux chutes d'enroulements de volutes, soulignés d'épis de blé ou de feuilles d'eau ; sabots à feuilles d'acanthe et enroulements ; encadrements de baguettes nervurées ; astragales et cul-de-lampe à cartouche, souligné de volutes et rinceaux.
Plateaux de marbre brèche gris légèrement veiné rose.
Transition des époques Louis XV et Louis XVI.
(Légères restaurations dans les fonds et reprises à la marqueterie sur une porte).
Haut. : 88,5 cm - Larg. : 74,5 cm - Prof. : 49 cm
Jean-François LELEU reçu Maître le 19 Septembre 1764.
Provenance :
- Probablement commandée par Armand-Louis Paris de Montmartel, Marquis de Brunoy (1748-1781) pour le grand château de Brunoy.
- Collection du comte de Provence, frère de Louis XVI et futur Louis XVIII (1755-1824), lors de l'achat du château de Brunoy en 1774.
- Vendue lors des ventes révolutionnaires, achetée par le marchand Bertholigny.
- Collection de Jean-Baptiste Nieaud, ancien maire de Limoges et Président du Tribunal de Commerce.
- Conservée dans sa descendance.
Historique :
Cette paire d'encoignures est en suite avec une commode d'époque Transition vendue à Paris, le 20 décembre 2000.
Cette dernière portait une étiquette incomplète sur laquelle on pouvait lire : “Une commode et deux encoignures Louis XVI provenant du château de Brunoy, propriété du Cte de Provence Louis XVIII… ébéniste Gouthières…”. Grâce à cet indice, il a été possible de retracer l'histoire de cet exceptionnel ensemble de meubles.
Il fut probablement livré par Jean-François Leleu à la fin des années 1760 ou au tout début de la décennie suivante pour le château de Brunoy. A cette époque, le château était la propriété de Armand-Louis Paris de Montmartel, Marquis de Brunoy, fils unique du puissant Jean Paris de Montmartel (1690-1766), parrain en 1721 de la jeune Jeanne Poisson, future marquise de Pompadour. Aucun inventaire du château de Brunoy ne fut dressé du temps du Marquis, il faudra attendre 1783 pour localiser une première fois les encoignures présentées.
En 1774, le château et l'ensemble de son contenu mobilier sont achetés par Louis-Stanislas-Xavier Comte de Provence (Archives Nationales, Minutier Central, ET/XCIX/607). A cette époque ni les encoignures, ni la commode ne sont payées à Jean-François Leleu qui figure parmi les créanciers du Marquis le 28 juillet 1775 (Archives Nationales, Minutier Central, ET/XCIX/612). Après l'achat du château, le Comte de Provence entreprend une remise en état qui dure deux ans, puis achète le petit château qui jouxte l'ancienne propriété du Marquis, lieu qui deviendra sa résidence lors de ses séjours à Brunoy. C'est dans ce château dans lequel sont déplacées la commode et les encoignures puisqu'elles sont inventoriées une première fois dans cette propriété en 1783 dans une des pièces les plus fastueuses : le Salon des Nobles des appartements de Monsieur : “Une commode à la Régence de quatre pieds et demi en bois de rapport, de fontes doré d'or moulu et dessus de marbre- deux encoignures pareilles…” (Inventaire du mobilier des châteaux de Brunoy (1783), Bibliothèque d'Art et d'Archéologie Jacques Doucet, MS 457).
Néanmoins, le Comte de Provence ne jouira que quelques années de ce lieu privilégié, en juin 1791 après les troubles révolutionnaires, il quitte la France. L'année suivante, l'ensemble de ses biens est saisi en tant que biens d'émigrés.
Pour Brunoy, un inventaire est dressé qui stipule qu'aussi bien la commode que les encoignures sont toujours localisées dans le Salon des Nobles (Archives des Yvelines, série IV Q, carton 6). La vente du mobilier débute en octobre 1793, les encoignures décrites sous le numéro 4173 sont adjugées 324 livres, tandis que la commode décrite au numéro suivant obtient 656 livres. Les deux meubles sont en fait achetés par un seul et même enchérisseur : Bertholigny, qui les vend par la suite à Jean-Baptiste Nieaud.
Pictures credits: Contact organization
Classic furniture
About the sale12/19/2007
Catalog
Dessins et Tableaux Anciens, Argenterie, Mobilier, Objets d'Art
75009 Paris - France
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