Lot no. 288 - (su
L'Empereur porte l'uniforme de colonel des Hussards, la LĂ©gion d'Honneur et la mĂ©daille de la Croix de fer, ordre qu'il avait crĂ©e lors de son accession au trĂŽne d'Italie. Dans sa main droite NapolĂ©on tient une carte de l'Europe suivant la configuration gĂ©opolitique des Cent Jours, la Belgique n'est plus alors incorporĂ©e Ă  l'Empire. L'Ă©tude au rayon X a dĂ©montrĂ© que la composition originale reprĂ©sentait l'Ăźle d'Elbe. On peut dĂšs lors en dĂ©duire que l'Ɠuvre avait Ă©tĂ© commencĂ©e peu avant le premier dĂ©part dĂ©part de l'Empereur en 1814 puis remaniĂ©e par la suite au grĂ©s des changements de circonstances politiques. Le profil de l'Empereur a lui aussi Ă©tĂ© modifiĂ©. La premiĂšre version, plus romantique lui donne un visage doux alors que ses traits actuels, fixĂ©s sans doute en 1814, sont plus aigus et reflĂštent le courage rĂ©solu de NapolĂ©on Ă  la veille de son dĂ©part en exil pour Elbe. Au cours des Cent Jours, le Tableau fut Ă  nouveau repris, probablement par le mĂȘme artiste. Celui.ci remplaça la carte de l'Ăźle d'Elbe par l'Europe continentale, couvrit la croix de fer, effaça le buste du Dieu de la guerre situĂ© au dessus de la statue d'Apollon, Ă  la place apparaĂźt la figure d'un jeune homme ou d'une femme. De façon significative, le peintre ajouta une inscription sur le socle du buste d'AthĂ©na. Ă  l'origine, NapolĂ©on contemple en effet la dĂ©esse grecque qui illustre, en opposition Ă  Mars, l'usage judicieux de la force et de l'hĂ©roĂŻsme. L'inscription plus tardive indique en grec: Alexandre, fils de Philippe de MacĂ©doine. L'artiste reprend ici quelques lignes tirĂ©es d'une copie d'un portrait d'Alexandre donnĂ©e Ă  NapolĂ©on et conservĂ©e au Louvre. Alors qu'il avait connaissance de cette copie, Appiani ne jugera pas nĂ©cessaire de modifier l'apparence de la sculpture qui possĂšde les attributs d'AthĂ©na (en particulier le casque ornĂ© d'un sphinx) afin de lui donner les traits d'Alexandre. Indirectement, cette inscription nous renvoie Ă  une anecdote de Plutarque au sujet de CĂ©sar. " Une fois libĂ©rĂ© des affaires d'Espagne, aprĂšs avoir lu une partie de la vie d'Alexandre, CĂ©sar s'assit pensivement puis pleura. Ses amis, surpris lui demandĂšrent la raison de ses larmes. A mon Ăąge, leur dit-il, Alexandre avait conquis tant de nations et moi je n'ai rien fait de mĂ©morable ". Ceci est d'abord une allusion au couronnement prĂ©cose de NapolĂ©on mais le parallĂšle avec ces hommes illustres peut ĂȘtre poursuivi. En effet, alors que CĂ©sar mourut abandonnĂ© par ses amis, de nombreux bonapartistes, dĂ©plorant la dĂ©faite de l'Empereur, l'attribuĂšrent Ă  la dĂ©fection de marĂ©chaux qui s'Ă©taient traĂźtreusement ralliĂ©s Ă  la cause des Bourbons. Ce tableau constitue donc un Ă©mouvant hommage d'Appiani Ă  son prince et protecteur. 150 000/ 180 000 € 1 000 000 / 1 200 000 F
Pictures credits: Contact organization
Drawings, watercolours and pastels
About the sale
Catalog
L'Empire Ă  Fontainebleau
77300 Fontainebleau - France
03/10/2002